Introduction à la science du hadith
Il y a deux sources de ahadith une source divine les "Hadith Qoudousi" et les "Hadith Shaarif".
Les Hadith Qoudousi,ce sont les paroles d’Allah soubanahou wa ta’Allah rapportées par le Prophète salallahou alahi wa salam (paix et bénédictions sur lui) et formulées par lui.
Les Hadith Sharif c’est l’ensemble des paroles du Prophète salallahou alahi wa salam (paix et bénédictions sur lui) rapportées par les Compagnons.Ces hadiths aussi sont classifiés de façon très stricte suivant leur degré d’authenticité, le nombre et la qualité des personnes qui le rapportèrent du Prophète salallahou alahi wa salam (paix et bénédictions sur lui).
1.Hadith ou Sounnah mutawatir :ce sont les propos et les actes du Prophète salallahou alahi wa salam rapportés par un grand nombre de rapporteurs intègres et justes.En général les hadiths concernant les actes du culte sont mutawatir.
2.Hadith ou Sounnah machoura:ce sont les propos et les actes du Prophète salallahou alahi wa salam rapportés par un petit nombre de Compagnons mais transmis par un grand nombre de transmetteurs.
3.Hadith ou Sounnah ahad:ce sont les propos et les actes du Prophète salallahou alahi wa salam rapportés par un seul des Compagnons et transmis par un très petit nombre de transmetteurs. La majorité des hadiths rassemblés dans les recueils de la Sounnah sont dans cette catégorie.
Certaines paroles et actions du Prophète salallahou alahi wa salam ne font pas parties de la Révélation ou de la Sounnah mais sont le fruit de son humanité, de son expérience personnelle, tel que le choix du campement avant la bataille de Badr et les Compagnons lui demandèrent si son choix était un ordre Divin ou sous inspiration Divine ou bien le résultat de sa propre stratégie. Il répondit:” C’est une manœuvre et une ruse de guerre “.Un des Compagnons lui dit alors :”Ce n’est pas le bon endroit”. Et il lui indiqua un autre plus stratégique. Il y a d’autres exemples de ce type tout au long de la révélation.
Certaines actions ou paroles du Prophète salallahou alahi wa salam ne s’appliquaient qu’à lui comme le fait de marier plus de quatre femmes de prononcer un jugement basé sur un seul témoignage.
Une partie seulement des ahadith ou de la Sounnah ont une valeur légale et constituent une référence pour le droit musulman, alors que l’ensemble des ahadith a un caractère biographique.
Notions de base sur la science du hadith.
Comme toutes les branches de la science de l’Islam la science du hadith est règlementée par des normes établies par les premiers savants de la communauté musulmane.
Ces
normes sont définies dans le but de classifier et authentifier les
ahadith et d’éléminer
le mensonge et le doute sur ce qui a été
rapporté
du
Prophète salallahou alahi wa salam (paix et bénédictions sur lui). Ces
normes permettent d’étudier
le contenu du hadith et sa formulation (al-matn), ainsi que la chaine des
transmetteurs (isnad). La connaissance des transmetteurs de ahadith ,
leur véracité, leur sérieux
dans la pratique religieuse, leur réputation
, leur mémoire, tout cela, conjugué
avec la façon
dont le texte est énoncé
contribue à établir
le degré de validité
du hadith.
Allah (le Très-Haut) a dit à Son Prophète (paix et bénédiction de Allah sur lui) : {Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu'on a fait descendre pour eux et afin qu'ils réfléchissent.} (16/44)
Le Prophète (paix et bénédiction de
Allah sur lui) s'est
élevé à cette tâche, expliquant la révélation par ses
paroles, ses actes et ses acquiescements, de manière claire
et explicite. C'est ce qu'on appel la sounna.
Que soient agréés les compagnons (sahaba), qui reçurent la
tradition prophétique (sounna) du noble Prophète, l'ont
assimilée et transmise aux musulmans, telle qu'ils l'ont
entendue, exempte de la disgrâce de la falsification et de
la transformation.
Que la grâce et le pardon soient accordés aux pieux
prédécesseurs (salafs) qui se sont transmis la sounna de
génération en génération, ont instauré, en vue de
sauvegarder l'exactitude de sa transmission et son
énonciation, l'exactitude des règles et des contraintes
précises, excluant ainsi la falsification des déformateurs.
Que la meilleure rétribution soit donnée à ceux qui ont
succédé aux prédécesseurs, parmi les savants musulmans ayant
acquis d'eux les bases de la transmission de la sounna et
ses règles, les ont simplifiées, classées et réunies dans
des ouvrages séparés, dont on a ensuite appelé l'ensemble
"Science des Normes du Hadith".
Aperçu historique sur la naissance et l'évolution de la science du Hadith
Tout chercheur avisé peut constater que les bases et fondements essentiels de la Science de la Révélation et de la Transmission des informations traditionnelles se trouvent dans le Livre auguste de la Tradition prophétique [sounna]. Ainsi, dans le noble Coran : {ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait.} (49/6)
Quand à la sunnah, on peut y relever le dire du Prophète
(paix et bénédiction de Allah sur lui) : "Allah agrée un homme
qui nous a entendu dire quelque chose et l'a transmis comme
il l'a entendu. Car il se peut souvent, que celui à qui l'on
transmette saisisse mieux que celui qui a entendu"
At-Tirmidhi
Et dans une autre relation du hadith : "...Car il se peut
souvent que le porteur de connaissance religieuse transmette
à qui est plus savant que lui et que souvent, le porteur de
connaissance ne soit pas savant" At-Tirmidhi, Abou Dâwoûd,
Ibn Mâja et Ahmad
Ainsi, dans ce noble verset et cet illustre hadith, figure le principe de la vérification des informations, comment les traiter avec vigilance, les comprendre, et la précision dans leur transmission à autrui.
A partir de ce commandement, venant de Allah, le Très Haut, et son Prophète , les Compagnons () vérifiaient scrupuleusement la transmission de la sincérité du transmetteur. De là, se présenta la question de la chaîne des transmetteurs et son importance en regard de l'acceptation du Sahîh de Mouslim, d'après Ibn Sîrîn, son propos suivant : "Avant, ils ne posaient pas de questions sur la chaîne des transmetteurs [isnâd], mais lorsque l'épreuve corruptrice [fitna] apparut, ils dirent alors : "Nommez-nous vos hommes (transmetteurs de l'information)". S'il s'agissait des gens de la sounnah, on acceptait leur hadith ; s'il s'agissait de gens de l'innovation religieuse, alors on ne prenait pas leur hadîth en considération." (introduction du Sahih de Mouslim)
De plus, comme l'information ne pouvait être acceptée qu'après la connaissance de sa chaîne de transmission, apparut alors la Science de la critique et de l'agrément [jarh wa ta'dîl] des transmetteurs, la connaissance des chaînes continues ou interrompues, des défauts subtils. Ainsi, on commença à émettre des réserves sur quelques transmetteurs, mais à une faible proportion, car rares étaient les rapporteurs désavoués en ces temps premiers.
Ensuite, les savants approfondirent ce domaine, au point que se multiplièrent les sciences ayant trait au hadith et sa maîtrise, comment le transmettre et le rapporter, l'abrogeant de l'abrogé, celui à caractère singulier, etc. Cependant, tout cela était traité oralement par les savants.
Puis, la question évolua et ces Sciences furent transcrites et enregistrées ; néanmoins, cela se trouvait en des endroits éparts de livres traitant aussi d'autres sujets, comme le Dogme, le Droit, et la Science du hadith, comme le Livre de l'épître [ar-Risâla] et le Livre fondamental [al-Oum] de l'imam ach-Châfi'i.
Enfin, lorsque les sciences parvinrent à leur maturité, que furent énoncées les règles et les définitions et que toutes les matières furent indépendantes les unes des autres, cela au quatrième siècle de l'Hégire, les savants séparèrent alors la Science des Normes et définitions du hadîth [moçtalah] en ouvrage indépendant. Un des premiers à avoir ainsi réservé un ouvrage en la matière, fut le juge Abou Mohammad al-Hasan Ibn Abd ar-Rahman Ibn Khâlid ar-Râmahormouzi, décédé en l'an 360 H., et son livre "al-mouhaddith al-fâçil bayn ar-râwi wa al-wâ'i" [le connaisseur du hadith discernant un transmetteur défini d'un récepteur réfléchi].
Le hadîth
a) Au sens propre : synonyme de "jadîd" au sens de nouveau. Son pluriel est "ahâdîth", contrairement à la construction régulière.
b) Au sens terminologique : ce qui est rapporté du Prophète (paix et bénédiction de Allah sur lui) comme paroles, actions, acquiescements ou caractéristiques.
a) Sens linguistique: La voie, qu'elle soit bonne ou mauvaise.
b) Sens chez les savants du [ousoûl]: Toute parole, acte, ou consentement rapportés de manière sûre du Prophète (paix et bénédiction de Allah soient sur lui) pouvant être une preuve dans la législation.
c) Sens chez les savants de la jurisprudence [fiqh]: Tout ce qui est rapporté de manière sûre du Prophète (paix et bénédiction de Allah soient sur lui) sans que ce soit une obligation.
d) Sens chez les savants du hadîth: Tout ce qui est rapporté du Prophète (paix et bénédiction de Allah soient sur lui) comme parole, acte, consentement, ou description physique et morale; et cela avant ou après le début de la révélation.
La science des normes du hadîth - مصتلاح
C'est une science composée de sources référentielles et de règles, par laquelle on connaît l'état de la chaîne des transmetteurs de l'information et de l'énoncé de l'information, de manière à l'accepter ou à la refuser.
Son domaine est la chaîne des transmetteurs et l'énoncé de l'information traditionnelle, de manière à l'accepter ou à la refuser.
Son intérêt est de discerner l'authentique du défaillant parmi les ahadîth.
L'information traditionnelle - الخبر
a) Sens propre : l'information, au pluriel : "akhbâr"
b) Sens terminologique. Il y a trois avis :
1. Il a le même sens que le hadîth, c'est-à-dire qu'ils ont le même sens terminologique.
2. Il lui est différent. Ainsi, le hadîth est ce qui provient du Prophète () tandis que l'information [al-khabar] est ce qui provient d'un autre que lui.
3. Son sens est plus général que le hadîth. Ainsi, le hadîth est ce qui provient de l'Envoyé () et l'information traditionnelle ce qui provient de lui ou d'un autre que lui.
L'information traditionnelle au sens large - الاثر
a) Sens propre : "athar" signifie ce qui reste de la chose.
b) Sens terminologique : il y a deux avis :
1. même sens terminologique que le hadîth.
2. différent de lui : c'est ce qui est rapporté des compagnons [Sahâba] et des Suivants [tâbi'în], comme paroles ou actes.
La chaîne des transmetteurs - الإسناد
Elle a deux significations :
a) C'est imputer le hadîth à son locuteur, en relatant la succession des transmetteurs.
b) C'est la succession des personnes conduisant à l'énoncé du hadîth. En cela, il a le même sens que "sanad".
La chaîne de transmission - السند
a) Sens propre : synonyme de support [mou'tamad]. Appelé donc ainsi, car le hadîth s'appuie et repose sur elle (la chaîne des transmetteurs).
b) Sens terminologique : la chaîne des hommes conduisant à l'énoncé de l'information traditionnelle.
L'énoncé de l'information traditionnelle - المتن
a) Sens propre : lieu quelconque de la terre, dur et élevé.
b) Sens terminologique : l'énoncé des termes de l'information traditionnelle, à la suite de la chaîne des transmetteurs.
La référence [al-mousnad] - المسند
a) Nom passif, au sens d'être rapporté à quelque chose.
b) Sens terminologique : trois significations.
1. Tout livre dans lequel est réuni ce qui est attribué à chaque compagnon, séparément, comme relations d'informations traditionnelles.
2. Le hadîth remontant jusqu'au Prophète () dont la chaîne de transmetteurs est continue.
3. A le même sens que "sanad" [chaîne de transmetteurs]
Le rapporteur de chaîne de transmetteurs [al-mousnid]
Celui qui rapporte le hadîth avec sa chaîne de transmetteurs, qu'il en ait une science ou qu'il se borne simplement à la rapporter.
Le connaisseur du hadîth [al-mouhaddith]
Celui qui s'occupe de la Science du hadîth en la rapportant, et aussi en la maîtrisant, et qui a connaissance de nombreuses relations d'informations traditionnelles et de l'état de leurs transmetteurs.
L'érudit [al-hâfiz]
Deux avis :
a) même sens que le "mouhaddith" [connaisseur du hadîth].
b) il est à un rang plus élevé que le mouhaddith, de sorte que ce qu'il sait de chaque génération de transmetteurs l'emporte sur ce qu'il ignore.
L'autorité [al-hâkim]
Celui dont la Science recouvre l'ensemble des hadîth, de sorte que seul un nombre restreint d'entre eux, lui manque. C'est l'opinion de certains savants.
On entend par science du Hadîth, la parfaite connaissance de l'énoncé des hadîths, de leur chaîne de transmission jusqu'au Prophète (paix et bénédiction de Allah sur lui), avec la connaissance d'éventuelles imperfections ou brisures dans la chaîne de narration et également le degré d'authenticité de chaque Hadîth.
Science traitant des narrateurs du hadîth ['ilm rijâl Al-Hadîth]
Science fondamentale pour que le savant analyse les maillons de la chaîne de narration du hadîth, les noms des narrateurs, leurs surnoms, leurs titres, leurs lignées et leurs biographies.
Science dite de la Critique du Hadîth [Al-Jarh wa At-Ta'dîl]
Science minutieuse qui permet d'analyser l'authenticité du hadîth en connaissant avec précision les qualités de chaque narrateur et leur capital en terme de confiance, mémoire, savoir, honnêteté, véridicité.
Science des défauts du hadîth ['ilal Al-Hadîth]
C'est la science qui traite des défauts du Hadîth.
Le hadith [Chadh]
Al-'Iraqi (رحمه الله) a dit : "Ce qui contient une irrégularité (Choudhoudh) est ce qui contredit quelqu'un qui est fiable et ce qui est abondamment préservé, et Ach-Chafi'i a vérifié cela". (Al-Alfiya)
Ibn Hajar (رحمه الله) a dit : "Ainsi, si une
narration est opposée à ce qui est plus crédible, alors
la narration correcte est ce qui a été préservé et ce
qui le contredit est considéré Chadh". (Nakhba)
Classifications
1. Selon la référence
de son autorité particulière 1-1)
Qoudsi - Divin Al-mabna (la construction) est bien celle du
prophete. Mais el ma'na (le sens) vient de Dieu. A
la difference que dans un hadith qoudousi le
prophete dit : "Dieu a dit" alors que dans un hadith
tout court le prophete parle directement sans faire
reference a Dieu. 1-2)
Marfou' - élevé Un récit du Prophète, commençant par exemple par
: "J'ai entendu le Prophète dire...". 1-3)
Mawqoûf - arrêté Il s'agit de la "Tradition fixée", dont la chaîne
de transmission s'arrête à un compagnon (que Dieu
l'agrée). Ce genre de tradition relate ainsi les
propos, les gestes ou les approbations des
"Sahâbas". Certaines formes de "Hadith Mawqoûf" ont valeur
de "Hadith Marfou'" : C'est le cas par exemple quand
un Compagon (que Dieu l'agrée) dit : "Il nous a été
ordonné de faire ceci", ou quand il évoque des
choses qui ne relèvent pas de son interprétation
personnelle, comme les prédictions portant sur les
faits à venir (à condition qu'il ne les tienne pas
des "Gens du Livre"). 1-4)
Maqtou' - divisé Il s'agit de la "Tradition interrompue", qui
relate les propos, gestes ou approbations d'un
Tâbi'i ou Tabi' Tâbi'i. De nombreux savants utilisent le terme "Athar"
pour se référer au [Mawqoûf] et au [Maqtou'], et
réservent donc l'emploi du mot "Hadith" uniquement
pour les propos, gestes et approbations du Prophète
(paix et bénédiction de Dieu sur lui). 2. Selon la chaîne de transmission [Isnad] 2-1)
Mousnad - supporté un Hadîth qui a été rapporté par un
traditionaliste, basé sur ce qu'il a appris de son
professeur à une époque appropriée à l'étude ; de
même pour chaque professeur jusqu'à ce que la chaîne
atteigne un compagnon bien connu, qui de son côté,
rapporte des propos du Prophète. 2-2)
Moutassil - continu Un Hadîth avec une chaîne ininterrompue qui va
jusqu'à un compagnon ou un de ses successeurs. 2-3)
Moursal - altéré Il y a déjà quelques divergences dans la
définition du moursal. Les 2 définitions que l'on
trouve majoritairement sont : 2-3-1) Il manque le compagnon dans l'isnad Il est dit dans la Bayqouniya : [wa mursal
minhu al-sahabi saqata]. 2-3-2) L'isnad s'arrête au niveau d'un
suivant Les terminologistes préfèrent cette
définition. On utilise alors le terme [mursal
ul-sahabi] pour faire référence à la situation
1. 2-4)
Mounqati' - cassé Ce dit d'un Hadîth dont le lien à n'importe quel
endroit de la chaîne avant le successeur est
manquant. Ibn Hajar (رحمه الله) a dit : "Malik et
Al-Boukhari ont une différente compréhension de la
validité des hadiths. Malik ne considère pas
l'interruption dans la chaîne comme une défaillance
dans le hadith. Pour cette raison, il cite des
hadiths avec des chaînes interrompues du type
moursal et mounqati', et des communications sans
chaînes (balaghat) comme une partie de l'objet
principal de son livre (al-Mouwatta), alors que
Al-Boukhari, considère l'interruption comme une
défaillance dans la chaîne de transmission. Ainsi,
il ne cite pas ces hadiths sauf comme quelque chose
en dehors de l'objet principal de son livre
(al-jami' al-sahih), par exemple les commentaires
(ta'liq) et les titres de chapîtres". (Hadi
al-sari p.21) 2-5)
Mou'adal - perplexe Ce dit d'un Hadîth dont le rapporteur omet deux
(ou plus) rapporteurs de la chaîne, les uns à la
suite des autres. Ce genre de Hadith est unanimement
considéré comme étant "Dha'îf". 2-6)
Mou'allaq - arrêté, suspendu Ce dit d'un Hadîth dont un ou plusieurs
narrateurs qui se suivent ont été retiré au début de
la chaîne de transmission. Ce genre de "Hadith" est
considéré comme étant irrecevable dans
l'argumentation, sauf s'il est mentionné dans un
ouvrage sûr et fiable ("Sahîh Boukhâri" par
exemple), auquel cas, son statut est différent. 3. Selon le nombre de rapporteurs impliqués dans
chaque étape de la chaîne de transmission
3-1) Moutawâtir - Consécutif (ou notoire) Ce dit d'un Hadîth qui est rapporté par un si
grand nombre de personnes qu'il est impossible
qu'ils se soient concertés pour convenir d'un
mensonge. ce dit d'un Hadîth qui est relaté par un nombre
important de personnes mais dont le nombre n'atteint
pas celui du moutawatir. Il est encore divisé en : 3-2-1)
Mach'Hour - célèbre (ou réputé) Le Hadîth a été rapporté à chaque niveau de
transmission par au moins trois rapporteurs.
Certains savants utilisent l'appellation de
[Hadith Moustafîdh] pour se référer à ce genre
de Tradition. 3-2-2)
Aziz - rare, fort A n'importe quelle étape de la chaîne, deux
rapporteurs au moins relatent le Hadîth. 3-2-3)
Gharib - étrange A un certain moment de la chaîne, seulement
un rapporteur relate le Hadîth. 4. Selon la nature du texte et de la chaîne 4-1)
Mounkar - dénoncé Ce dit d'un Hadîth qui est rapporté par un
narrateur faillible, et dont le récit va à
l'encontre d'un Hadîth authentique. 4-2)
Moudraj - interpolé Un ajout au texte du Hadîth par un rapporteur. 5. Résultat final Ach-chafi'i (رحمه الله) indique les obligations
pour un tel Hadîth, qui n'est pas moutawatir, afin
qu'il soit acceptable : "Chaque rapporteur doit être
digne de confiance dans sa religion; il devra être
connu pour être véridique dans son récit, de
comprendre ce qu'il rapporte, savoir comment une
expression différente peut modifier la signification
du Hadîth, et de rapporter les mots du Hadîth mot
pour mot, et pas seulement au niveau de sa
signification". Il est à noter que l'on distingue deux types de
"Hadith Sahîh" : Le "Hadith Sahîh li dhâtihi"
(Hadith valide en lui-même), qui correspond à la
définition donnée ci-dessus, et le "Hadith Sahîh li
Ghayrihi" (Hadith valide par autre que lui), qui
désigne la Tradition dont l'une des personnes
présentes dans la chaîne de transmission présente
une défaillance minime sur un point précis, mais le
Hadith en question est rapporté par d'autres voies,
avec d'autres chaînes de transmission de force égale
ou supérieure. 5-1-1) Hasan-Sahih Pour information, il dit que les savants ont
divergé sur l'explication de cette terminologie
bien spécifique à At-Tirmidhi, et que le plus
juste est que "hassan sahih" signifie que pour
un hadith donné, le rapporteur pouvait être
considéré comme transmetteur du sahih chez
certains muhaddithin alors qu'ils n'était
considéré que transmetteur du hassan chez
certains autres, d'où l'adoption par l'imam
Tirmidhi d'une classification intermédiaire des
hadith rapportés par de telles personnes en
"hassan sahih". C'est celui qui ne présente pas de marginalité ou
de défaut et qui a été rapporté par une chaîne de
transmetteurs continue dont l'un des membres
présente une défaillance minime par rapport aux
conditions nécessaires pour le "Sahîh", et ce manque
n'est pas compensé non plus par une autre chaîne de
transmission. 5-3)
Da'if - faible Ce dit d'un Hadîth qui n'atteint pas le statut de
hasan. Habituellement, la faiblesse est : une
discontinuité dans la chaîne, dans ce cas le Hadîth
pourrait être - selon la nature de la discontinuité
- mounqati' (cassé), mou'allaq (arrêter), mou'dal
(perplexe), ou moursal (altéré), un des rapporteurs
ayant un caractère suspect, par exemple en raison de
ses mensonges, erreurs excessives, opposition au
récit des sources plus fiables, participation dans
l'innovation, ou ambiguïté entourant sa personne. 5-4)
Mawdou' - fabriqué ou forgé Ce dit d'un Hadîth dont le texte va à l'encontre
des normes établies pour les paroles du Prophète, ou
la chaîne comprend un menteur. Un Hadîth fabriqué
peut également être identifié par une anomalie
présente à une époque particulière (rébellion...)
[ Haut ]
Si l'isnad s'arrête sur un suivant, on ne sait
pas s'il rapporte d'un compagnon ou d'un suivant
qui pourrait être non fiable... La majorité des
spécialistes du hadith pense qu'on ne peut pas
se prononcer (à moins évidemment qu'une autre
chaîne vienne renforcer le hadith).
De nombreux juristes pensent qu'on peut
l'utiliser sous certaines conditions. Par
exemple, l'imam Ach-Châfi'i admettait les
marasil de Sa'id b. al-musayyab.
D'après l'Imâm Abou Hanifa, Mâlik et Ahmad Ibn
Hambal (selon l'avis qui a été le plus retenu de
lui), le "Hadith Moursal" est acceptable (sous
deux conditions : le "Tâbi'i" est sûr, et il a
l'habitude, lorsqu'il cite un "Hadith Moursal",
de le tenir d'une personne sûre et fiable). L'un
des ouvrages les plus connus recensant des
Traditions de ce genre est le "Marâsîl Abou
Dâoûd".
Il n'existe aucun doute sur la validité, la véracité
et l'authenticité d'un tel Hadith. Pour ce genre de
tradition, il n'y a aucun besoin de faire des
recherches sur l'état des transmetteurs et des
narrateurs ("Râwi"). Des ouvrages spécifiques ont
été rédigés par les savants afin de compiler ce
genre de Hadiths. On pourrait citer à titre
d'exemple le "Qatf oul Azhâr" de l'Imâm As-Souyoûti
et le [Nazm oul Moutanâthir min al Hadithil
Moutawâtir] de Mouhammad Al Kattâni.
Il est évident que ce genre de Hadith a une
fiabilité et une force probante moindre par rapport
au "Sahîh". Il n'en reste pas moins cependant qu'il
est considéré comme source d'argumentation valide.
Cependant, quand un [Hadith Dhâ'if] est rapporté par
différentes voies, et que sa faiblesse n'est pas dû
à la perversité et au mensonge d'un de ses
transmetteurs, dans ce cas, il acquiert une certaine
fiabilité et devient valide dans l'argumentation. On
l'appelle alors Hadith bon par autre que lui [Hasan
li ghayrihi].