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Les Droits de l’Homme en Islam :
Halte aux Préjugés !
شبهات حول حقوق الإنسان في الإسلام
Abdou-Rahman ibn Abdoul Karim
Al-Sheba
Traduit de l’arabe par :
Editions Assia
(Yaqub Chérif) Revu par : Njikum Yahya D.
Le souci de l’Islam de garantir les droits fondamentaux
L’Islam et la préservation des besoins vitaux de l’existence
La préservation de la religion
L’Islam préserve les droits des faibles
La Préservation des richesses naturelles
Les Droits généraux et particuliers dans l’Islam
Les Droits du Messager Muhammad r impliqués par l’attestation qu’il est le Messager d’Allah.
Les droits de tous les Prophètes et Messagers
Le droit de l’époux sur l’épouse
Les droits de l’épouse sur l’époux
Les droits des proches parents
Les droits du détenteur du pouvoir sur les administrés
Les droits des administrés sur les dirigeants
Les droits des pauvres et des indigents
L’emploi et les Travailleurs
Les droits des employés
Les droits de l’employeur
Les droits des autres créatures telles que les animaux …
Les droits des animaux
Les droits des arbres et des plantes
Les droits de la rue et du marché
Les droits et les devoirs généraux
Le système judiciaire
Le système de la “Hisbah”
La Déclaration Islamique des Droits de l’Homme
Les spécificités des droits de l’Homme dans la Charia Islamique
Les préjugés entretenus autour des droits de l’homme dans l’Islam
Premier préjugé
Deuxième préjugé
Troisième préjugé
Quatrième préjugé
Cinquième préjugé
Sixième préjugé
Conclusion
Louange à Allah et que la paix et la miséricorde soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille et ses Compagnons. Toute société humaine est censée garantir à ses membres des droits qui consolident leur lien d’appartenance à celle-ci, et leur permettent de vaquer à leurs occupations et d’accomplir leurs devoirs dans un environnement paisible et stable, mais dans la pratique, les rapports de force entre la société et les individus diffèrent selon les temps et les lieux. De nos jours, à l’échelle internationale, trois tendances majeures se dégagent à ce niveau.
- La première consiste à proclamer la supériorité de l’individu sur la société, qui ne dispose plus dès lors d’aucun moyen pour réguler l’exercice de sa liberté. L’individu y jouit de droits qui échappent à tout contrôle et mettent en péril la cohésion de la société, ce qui aboutit au matérialisme à outrance et à la prolifération de crimes odieux. Ce courant est appelé le capitalisme.
- La deuxième tendance est celle qui sanctifie le groupe au détriment de l’individu, qui se voit déniée toute volonté propre et se retrouve spolié de tous ses droits. L’Etat, qui s’est substitué à la société, ne lui en reconnaît qu’un faible nombre et seulement dans la mesure où ces droits servent l’intérêt de la société. Ce système est généralement connu sous le nom de communisme.
- Quant à la troisième tendance, elle répugne autant à imposer le primat de l’individu sur le groupe que l’inverse et entend plutôt accorder à chacun son dû. L’individu a des droits sur la société, de même que la société a des droits sur l’individu, des droits dont l’exercice est soumis à des règles et des conditions bien précises. Lorsque survient un conflit entre l’intérêt général et l’intérêt particulier, c’est au premier qu’est donnée la priorité.
Dans les lignes qui vont suivre, nous allons nous efforcer de présenter les droits de l’homme tels qu’ils ont été établis en Islam par le Livre d’Allah et la Sunna de Son Prophète Muhammad, qui sont les deux principales sources de l’Islam. Les droits de l’homme ainsi qu’ils sont compris en Islam, ont pour objectif de préserver la dignité de l’homme en tant qu’individu et d’introduire l’équité dans son rapport avec autrui. Nous sommes convaincus que le respect et la mise en pratique effective de ces droits contribueront –avec la permission d’Allah- au bonheur de l’humanité et sauront répondre aux aspirations des sociétés humaines en termes de sécurité, de développement et de prospérité. En effet, il ne s’agit pas là d’élaborations théoriques et expérimentales échafaudées par des idéologues, ou de concepts cristallisant les besoins d’une époque ou d’un mouvement politique ; dans la mesure où ces droits ont été établis par Celui qui a créé l’homme et connaît mieux que quiconque ce qui convient à Sa créature, comment douter de leur adéquations avec les besoins de l’être humain ? Le Noble Qur’an –qui est la première source de la législation Islamique- et la Sunna du Prophète –qui en est la seconde source et qui regroupe les faits, dits et approbations du Prophète recensés et conservés depuis plus de quatorze siècles– traitent abondamment de ces droits ainsi que du rang éminent conféré à l’homme. Allah le Très-Haut dit : ( Certes, nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures. )[1]
Cette distinction dont jouit l’homme implique qu’il ait des droits qui lui garantissent la pérennité de son existence et la perpétuation de son espèce, et lui permettent d’exercer sa liberté et de s’acquitter des responsabilités et obligations inhérentes à sa fonction de vicaire d’Allah sur terre, évoquée par Allah I en ces termes : ( C’est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres ) [2].
Les droits de l’homme en Islam ne se limitent pas seulement à la durée de sa vie mais continuent même après sa mort. La communauté est ainsi tenue de faire honneur à sa dépouille en procédant à une dernière toilette, lors de laquelle le corps sera lavé, parfumé avant d’être enseveli dans un linceul blanc et neuf, après quoi le mort a droit à une prière mortuaire. Abou Houreira t rapporte qu’il a entendu le Messager d’Allah r dire : «Lorsque vous faites la prière mortuaire, invoquez sincèrement Allah en faveur du défunt»[3]
Il est interdit de profaner et de mutiler le corps d’un défunt, car le Prophète r a dit : «Briser l’os du défunt est pareil à briser l’os du vivant en terme de péché»[4]
Il est également interdit de l’exhumer, de s’asseoir ou de marcher sur sa tombe, car le Prophète r a dit : «Que l’un de vous s’asseye sur une braise ardente qui brûle ses habits jusqu’à atteindre sa peau est mieux pour lui que de s’asseoir sur une tombe»[5]
Son honneur doit également être préservé et l’on doit se garder de parler de lui en mauvais termes après sa mort. Le Prophète r a dit à cet effet : «Evoquez les bienfaits de vos morts et gardez-vous d’évoquer leurs méfaits»[6].
Ses enfants et ses proches parents ont d’autres devoirs envers lui, comme implorer le pardon de ses péchés et la miséricorde d’Allah en sa faveur, ou exécuter son testament et ses engagements après sa mort. Répondant à un homme qui lui avait demandé : «Y a-t-il encore pour moi un moyen de montrer mon dévouement envers mes parents après leur mort ?» le Prophète r dit : «Oui, tu dois prier pour eux, implorer le pardon d’Allah en leur faveur, accomplir leurs engagements après leur mort, respecter leur lien de parenté et bien traiter leurs amis»[7]
Le lecteur ne manquera pas de noter une certaine similitude entre les droits évoqués et ce que prônent certaines organisations qui ont pour vocation [de faire respecter] les droits de l’Homme. Mais le discours de l’Islam à ce sujet existait déjà quatorze siècles avant leur création ; par ailleurs, les droits tels qu’ils sont énoncés par ces organisations laissent entrevoir des imperfections et des défauts, parce que dans la plupart des cas, le discours proclamé vise moins à préserver les droits de l’Homme en tant que tel, qu’à préserver l’Homme dans le but de l’exploiter au profit d’intérêt d’individus ou de groupes. La preuve en est que, dans beaucoup de régions du monde, nous voyons de nombreux cas d’hommes et de femmes dont les droits élémentaires sont précisément bafoués. Malgré cela, ces pays prétendument promoteurs des droits de l’homme continuent à afficher une certaine indifférence devant cette flagrante violation des droits de l’Homme, non pas par impuissance, mais parce que la préservation de leurs intérêts leur impose de ne pas intervenir pour préserver ce qu’ils prônent tambour battant sous prétexte de non-ingérence dans les affaires internes.
Les droits de l’Homme en Islam, en revanche, ne tolèrent ni compromission ni complaisance. Nous en avons un exemple remarquable avec Oumar Ibn Al Khattâb t. Celui-ci avait été très ému d’apprendre la conversion de Djabalah, le souverain des Arabes Chrétiens. Il envoya donc des émissaires pour le faire venir à Médine et ainsi le rencontrer –d’aucuns disent que c’est Djabalah qui sollicita cette entrevue et qu’Oumar t la lui accorda. Il se mit donc en route pour Médine et à son arrivée, il fut chaleureusement accueilli par Oumar t qui le fit demeurer en sa compagnie. Il accomplit le Hadj cette même année, accompagné d’Oumar t. Pendant qu’il effectuait la circumambulation autour de la Kaaba, un membre de la tribu des Bani Fazarah piétina par inadvertance son pagne qui se détacha aussitôt. Alors Djabalah leva sa main et fracassa le nez de cet homme ; certains disent qu’il lui creva l’œil. Sa victime, accompagnée d’un grand nombre de membres de la tribu des Bani Farazah, alla se plaindre auprès d’Omar t, qui convoqua Djabalah. Ce dernier reconnut les faits qui lui étaient reprochés et Omar t demanda l’application du talion. « Comment est-ce possible », dit-il, « alors que je suis un roi tandis qu’il n’est qu’un sujet ! » « L’Islam », lui dit Oumar t, « vous réunit, lui et toi, et tu ne peux l’emporter en mérite sur lui que par la piété. » Djabalah dit alors : « Je croyais qu’en entrant dans l’Islam, j’allais devenir plus puissant que je ne l’étais dans le paganisme antéislamique. » Oumar t lui répondit : « Oublie toutes ces considérations et sache que si tu ne t’arranges pas avec l’homme, le talion sera appliqué. » « Si tel est le cas », dit-il, « je vais embrasser le christianisme. » « Si tu embrasses le christianisme, je te tranche le cou », reprit Oumar t. Lorsqu’il eut pris connaissance de la peine, Djabalah dit : « Je vais y réfléchir cette nuit. » Sur ce, Oumar t prit congé.
La nuit venue, il enfourcha sa monture et prit la fuite, accompagné de ses gens et de ceux qui lui avaient obéi, jusqu’en Grande Syrie. Une fois entré sur le territoire des Romains, il eut une entrevue avec Héraclius à Constantinople. Celui-ci l’accueillit chaleureusement, lui confia la direction de plusieurs provinces et lui octroya une pension conséquente. Il le couvrit de beaux présents et le prit parmi ses compagnons de divertissement nocturne[8].
L’Islam ne se contente pas d’assurer la protection des droits personnels mais il défend aussi les droits d’autrui et veille sur les opprimés. Allah I dit : ( Et qu’avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : “Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur” )[9].
Ces droits sont garantis aussi bien pour le Musulman que pour le non-musulman. Le Messager d’Allah r dit : “Mon Seigneur m’a interdit d’être injuste envers un allié (mou-âhad) ou toute autre personne”.[10]
Il dit encore : “Quiconque commet une injustice contre un allié (mou-âhad) ou le méprise ou lui donne une charge au dessus de ses capacités, ou lui prend quelque chose sans son consentement, je serai son adversaire le Jour de la Résurrection. Et le Messager d’Allah r pointa son doigt sur sa poitrine et dit : Et quiconque tue un allié qui a la garantie de protection d’Allah et de Son Messager, Allah lui interdit l’odeur du Paradis, or son odeur se fait sentir à une distance de soixante-dix ans”.[11]
Peut-être est-il utile de rappeler ici, afin d’éclaircir les choses, que l’application des droits de l’homme prescrits par l’Islam dans les Etats Islamiques est intimement liée au degré de l’observance et de l’application des lois et dispositions de la religion. Ainsi, l’on constate que certains se détournent complètement de l’Islam, d’autres ne retiennent de l’Islam que ce qui sert leurs intérêts et objectifs, d’autres encore feignent de se réclamer de l’Islam, mais visent en secret à le détruire et à ternir son image de marque. Aussi, toute personne douée de raison et soucieuse d’objectivité, particulièrement s’il s’agit d’un non-musulman, qui désire se faire une idée juste de l’Islam, ou émettre un jugement sur ce dernier, doit avant toute chose le considérer comme un système de vie indépendant des comportements et des actes commis par des individus, des groupes ou des Etats, car l’application de ces droits dans le monde islamique, comme on l’a dit précédemment, dépend de la plus ou moins grande conformité de la politique de ces pays à la législation islamique. En effet, si le système est bon en soi et qu’il y apparaît des déficiences, nous devons en chercher la source au niveau de la mise en pratique car c’est toujours là que surviennent les manquements. Prenons, à l’échelle individuelle, l’exemple d’une personne qui se réclame de l’Islam mais affiche un comportement répréhensible où le mensonge, la tromperie, la duperie et la perfidie, occupent une bonne place, est-ce que cela signifie pour autant que l’Islam dans son essence invite les hommes à commettre de telles turpitudes ? Le mieux, dans ce cas, est de retourner aux enseignements de l’Islam et de s’informer à partir de ses sources originelles et authentiques. Celui qui veut du pain, par exemple, se rend chez le boulanger pour s’en procurer, car s’il se rendait chez le boucher, il ne trouverait pas ce qu’il désire. Allah le Très Haut a dit –et Sa parole est véridique : ( Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. )[12]
Rappelons, à toutes fins utiles, que la perfection appartient exclusivement à Allah et que l’imperfection n’est pas l’apanage des seuls Musulmans ; tous les êtres humains sont enclins à l’erreur et commettent des fautes tant au point de vue de leur vie mondaine que sur le plan religieux.
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L’Islam œuvre activement et inlassablement pour la création d’une société saine et prospère et pour ce faire, il institue un cadre réunissant tous les éléments nécessaires pour assurer aux hommes la jouissance complète de tous leurs droits afin qu’ils y vivent dans une atmosphère de paix, quiétude et liberté, sans être asservis à leurs semblables. Le Prophète r dit : “Certes, votre sang, vos richesses et votre honneur sont choses sacrées comme ce jour-ci, dans ce mois-ci et dans ce pays-ci”[13].
L’Islam entend donc instaurer une société possédant les caractéristiques suivantes :
1) La sécurité sous toutes ses formes
- La sécurité des biens : Allah I dit : ( Ô les croyants ! Que les uns d’entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu’il y ait du négoce (légal) entre vous, par consentement mutuel ) [14].
- La préservation de l’honneur : Allah I dit : ( Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers. )[15].
- La sécurité de la vie des personnes : Allah I dit : ( Dis : “Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : Ne Lui associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux. N’approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez qu’en toute justice la vie qu’Allah a fait sacrée. Voilà ce qu’Allah vous a recommandé de faire ; peut-être comprendrez-vous. )[16].
- La préservation de la raison : Le Prophète r dit : « Tout ce qui enivre est une boisson alcoolique et toute boisson alcoolique est interdite »[17]
Il n’est donc pas permis d’effrayer les gens, ni de les terroriser par des menaces verbales ou physiques. Le Prophète r dit à cet effet : « Qu’aucun de vous ne fasse le geste de brandir une arme contre son frère, car il ne sait pas si Satan ne fera pas échapper l’arme de ses mains et alors, il tomberait dans un des gouffres de l’Enfer »[18].
Il dit encore : « Celui qui effraye un croyant, il est du droit d’Allah de ne pas le mettre à l’abri des effrois du Jour de la Résurrection »[19]
L’Islam veut créer une société paisible dans laquelle l’homme peut se déplacer et gagner sa vie par le travail et l’exploitation de la terre d’Allah. C’est pourquoi les peines criminelles (Hudud) ont été prescrites pour entraver l’action de toute personne qui veut porter atteinte à la sécurité et la stabilité de la société islamique. Citons, parmi ces peines dissuasives, la peine réservée aux voleurs et autres malfaiteurs.
Allah dit : ( La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment. ) [20]
2) La satisfaction des besoins vitaux de ses membres
Pour parvenir à cet objectif, l’Etat Islamique met en œuvre les moyens suivants :
- La création d’emplois pour ceux qui sont capables de travailler afin de gagner leur subsistance.
- La prise en charge par le Trésor public islamique de tous ceux qui ne peuvent pas travailler pour cause d’incapacité, de vieillesse ou de maladie, et de ceux qui ont perdu leur soutien. Le Prophète r dit : « Quiconque laisse un bien (en mourant), c’est pour sa famille, mais celui qui laisse une dette ou une famille et des enfants pauvres, c’est à ma charge, je suis le tuteur des croyants”[21].
- Les aumônes obligatoires destinées aux pauvres et aux indigents dans la société Musulmane. Ils ont un droit sur la Zakat prescrite aux riches Musulmans et qui représente le principe de la solidarité sociale de l’Islam. Elle est prélevée sur les biens des riches et reversée aux pauvres. Le Prophète r dit : «Fais-leur savoir qu’Allah leur a prescrit une aumône prélevée sur les biens de leurs riches, reversée à leurs pauvres»[22].
- L’aumône facultative faite de bon gré par le Musulman pour subvenir aux besoins de ses frères, par observance de l’ordre d’Allah et recherchant son agrément. Le Prophète r dit : «Tout Musulman qui procure un habit à un Musulman nu, Allah le vêtira des habits du Paradis. Tout Musulman qui donne à manger à un autre Musulman, Allah le nourrira des fruits du Paradis. Tout Musulman qui donne à boire à un autre Musulman assoiffé, Allah l’abreuvera de nectar pur cacheté»[23].
- La menace sévère à l’encontre du Musulman qui se désintéresse de la situation de ses frères. Le Prophète r dit : «Celui qui s’éveille le matin ayant pour principale préoccupation la vie présente contredit la religion d’Allah ; celui qui ne craint pas Allah, contredit la religion d’Allah et celui qui ne s’occupe pas des affaires des Musulmans n’est pas des leurs»[24].
Il dit aussi : «Les gens d’une agglomération dans laquelle un individu s’éveille le matin affamé n’ont plus droit à la protection d’Allah»[25].
3) L’instruction
Allah I dit : ( Allah élèvera en degrés ceux d’entre vous qui auront cru et ceux qui auront reçu le savoir. )[26].
L’instruction dans la société islamique n’est pas seulement un droit pour ses membres, mais une obligation incombant à tout individu. Il est du devoir de chacun d’acquérir le savoir grâce auquel il gérera ses affaires religieuses et mondaines. Il incombe à l’Etat islamique de fournir à ses membres tous les moyens qui favorisent l’acquisition du savoir. Le Prophète r dit : «La recherche du savoir est un devoir pour tout Musulman»[27].
Mieux encore, l’Islam considère l’effort consenti dans la recherche du savoir, son acquisition et sa transmission comme l’une des voies qui conduisent au Paradis. Le Prophète r dit : «Quiconque s’engage dans une voie pour y rechercher un savoir, Allah lui facilitera par cela, le chemin vers le Paradis»[28].
En outre, l’Islam considère la dissimulation du savoir comme un acte interdit et met sévèrement en garde celui qui empêche la diffusion d’un savoir profitable. Le Prophète r a dit : «Quiconque cache un savoir, Allah lui mettra un mors de feu le Jour de la Résurrection»[29].
L’Islam accorde tellement d’importance au savoir qu’il a prescrit une sanction contre celui qui s’abstient d’apprendre ou d’enseigner. Le Prophète r dit : «Les gens doivent apprendre chez leurs voisins et ils doivent aussi instruire leurs voisins ou alors je précipiterai la punition sur eux».
4) La préservation de la santé
Les mesures mises en place dans ce domaine sont :
- L’interdiction de tout ce qui est nocif pour la santé de l’homme comme la consommation des boissons enivrantes et des drogues. Allah I dit : ( Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez )[30] .
- L’interdiction de la consommation de la (chair de la) bête morte, du sang et de la chair de porc, Allah I dit : ( Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité)[31].
- L’interdiction des pratiques infâmes telles que la pédérastie, la fornication et le lesbianisme. Allah I dit : ( Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin ! )[32].
- Une politique sanitaire vigilante, qui inclut la mise en quarantaine lorsque les risques de contagion se manifestent. Le Prophète r dit : «Lorsque vous apprenez que la peste existe dans un une région, n’y allez pas ; mais, si elle éclate dans la région où vous êtes, ne quittez pas cette région»[33].
Ce souci de l’hygiène passe aussi par des mesures de prévention à l’échelle individuelle. Le Prophète r dit : «Que celui qui a des chameaux malades ne les abreuve pas avec celui qui a des chameaux sains»[34].
Comme le dit le Prophète r dans un hadith, les grands points que nous avons évoqués (sécurité, subsistance, santé) résument l’essentiel des aspirations de l’homme : «Quiconque s’éveille le matin en sécurité, en bonne santé physique et ayant sa ration journalière, c’est comme s’il possédait le monde entier»[35].
L’Islam a voulu briser toute barrière susceptible de créer des discriminations entre les membres de la société, que ce soit au niveau de la parenté, de la couleur, de l’origine ou de la langue. Allah r dit : ( Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. )[36].
Ainsi, les membres de la société jouissent de leurs droits légitimes en toute égalité, aucun groupe ne bénéficie de privilèges vis-à-vis d’un autre. Le Prophète r dit : «Ô hommes ! Certes votre Seigneur est un et votre aïeul est un. L’Arabe n’a pas de mérite sur le non arabe, ni celui-ci sur l’Arabe, le blanc n’a pas de mérite sur le noir, ni celui-ci sur le blanc ; sauf par la piété »[37].
Aux yeux de l’Islam, l’humanité provient d’une source unique, il n’est donc pas question de tirer orgueil de son origine ou de sa lignée et de se permettre au nom d’une prétendue supériorité de mépriser autrui ou de bafouer ses droits. Le Prophète r dit : «Ô hommes ! Allah a dissipé la vanité de la période du paganisme antéislamique et la fierté qu’elle se faisait de ses ancêtres, il n’y a que deux sortes d’hommes : le vertueux pieux qui est noble auprès d’Allah et le dévergondé libertin qui ne vaut rien auprès d’Allah. Les Hommes sont les fils d’Adam et Allah a créé Adam de poussière… »[38].
On le voit, il n’y a pas de place en Islam pour les discriminations fondées sur les différences ethniques. Les Juifs et les Chrétiens estimaient qu’ils étaient supérieurs au reste, mais Allah réfute leurs prétentions en expliquant que toutes les créatures sont égales entre elles, et qu’elles ne diffèrent que par leur degré de piété : ( Les Juifs et les Chrétiens ont dit : “Nous sommes les fils d’Allah et Ses préférés.” Dis : “Pourquoi donc vous châtie-t-Il pour vos péchés ?” En fait, vous êtes des êtres humains d’entre ceux qu’Il a créés ) [39].
Abou Houreira t rapporte l’histoire de deux hommes qui s’étaient mis à s’invectiver l’un l’autre pour une raison quelconque ; l’un d’eux se moqua de la mère de son adversaire (à cause de la couleur de sa peau). Ses paroles parvinrent au Messager d’Allah r qui convoqua l’homme et demanda : « T’es-tu moqué de lui à cause de sa mère ? » Il réitéra plusieurs fois sa question et l’homme lui répondit : « Ô Messager d’Allah, implore le pardon d’Allah pour ce que j’ai dit ». Le Messager d’Allah r lui dit : “Lève la tête et regarde l’assemblée”. Il regarda ceux qui était autour du Messager d’Allah r qui dit alors : « Tu n’es pas meilleur que le rouge ou le noir parmi eux, le meilleur, c’est celui qui a plus de mérite en religion »[40].
De la même façon, les hommes sont égaux en ce qui concerne les actes d’adoration : le riche et le pauvre, le gouvernant et le gouverné, le noir et le blanc, le noble et le roturier, tous sont logés à la même enseigne. Il n’y a pas d’actes d’adoration ni de recommandations ou d’interdictions propres à un groupe à l’exclusion des autres, tous sont égaux devant Allah qui dit : ( Quiconque fait une bonne œuvre, c’est pour son bien. Et quiconque fait le mal, il le fait à ses dépens. Ton Seigneur, cependant, n’est point injuste envers les serviteurs )[41].
Il n’y a de différence entre les hommes qu’en fonction de leur plus ou moins grande fidélité aux prescriptions ou interdictions divines. Allah I dit : ( Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux )[42].
Dans le domaine de la législation islamique et de l’application des sanctions pénales, tous sont égaux devant la loi. Aucun groupe n’est soumis à un régime particulier ni ne jouit d’une immunité qui lui serait propre. Aïcha –qu’Allah soit satisfait d’elle- rapporte que les Quraychites eurent un jour à traiter le cas d’une femme Makhzoumite[43] qui avait commis un vol : « Nul », dirent-ils, « ne saurait en parler à l’Envoyé d’Allah r et avoir de l’influence sur lui si ce n’est Oussama t, l’ami de l’Envoyé d’Allah r. Oussama t parla en faveur de cette femme à l’Envoyé d’Allah qui lui répondit : « Comment peux-tu intercéder quant il s’agit d’une des pénalités édictées par Allah ? » Puis, se levant, il fit le sermon suivant : «Ô hommes, ce qui a égaré ceux qui vous ont précédés c’est qu’ils laissaient impuni le puissant qui avait volé, tandis que si le voleur était un humble, ils lui appliquaient la peine criminelle. J’en jure par Allah, si Fatima, la fille de Muhammad, volait, je lui ferais couper la main. » [44] .
En ce qui concerne les revenus tirés de l’exploitation des richesses nationales et qui sont ensuite redistribués par le Trésor public à tous les membres de la société, chacun reçoit une part identique, sans rapport avec le travail accompli. C’est ce que nous montre l’exemple d’Abou Bakr As-Sidiq t, le premier calife du Messager d’Allah r qui distribuait équitablement la pension. On lui demanda à propos : « Ô calife du Messager d’Allah, tu as distribué ce bien en parts égales entre les gens, or il y en a parmi eux qui ont un mérite particulier, par leurs antécédents et leur ancienneté ; ne pourrais-tu pas avantager ceux-là ? » Il répondit : « Concernant les antécédents, l’ancienneté et le mérite que vous avez évoqués, je suis mieux placé que vous pour les connaître, et ce sont là des choses qui ne sont récompensées que par Allah. Mais il s’agit, ici, d’une pension et la consolation y est préférable à la préférence. Pour ceux qui ont œuvré pour Allah, leur récompense incombe à Allah, tandis que ce bien n’est qu’éphémère, et profite aussi bien au vertueux qu’au dévergondé ; ce n’est pas une rémunération de leurs œuvres[45].
Chacun des membres de la société islamique a en effet le droit de profiter des richesses dont Allah a doté ce monde et il incombe à l’Etat islamique de créer des emplois et de gérer l’exploitation de ces richesses de manière à ce qu’elles ne soient pas l’apanage de certains individus qui en profitent pour leur compte et oppriment les autres. Allah I dit : ( C’est Lui qui vous a soumis la terre : parcourez donc ses grandes étendues. Mangez de ce qu’Il vous fournit. Vers Lui est la Résurrection)[46].
L’Islam, pour résumer, lutte contre toutes les formes de discrimination ou de favoritisme. Dans le domaine des choses mondaines, les différences s’établissent spontanément entre les membres de la société car le travailleur est différent du paresseux et le bon du méchant. Allah I dit : ( A chacun des rangs (des récompenses) selon ses œuvres. Or ton Seigneur n’est pas inattentif à ce qu’ils font)[47].
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L’Islam est venu parachever les législations célestes qui l’ont précédé et le Messager de l’Islam r est le sceau des Messagers et Prophètes venus avant lui. Le Prophète r dit : «Comparée à celle des Prophètes qui m’ont précédé, ma situation est pareille à celle d’un homme qui a bâti une maison, l’a embellie et parée, sauf qu’il a laissé vide la place d’une brique dans un angle. Les gens sont venus visiter cette maison, ils l’ont admirée et ont dit : Pourquoi n’as-tu pas posé cette brique manquante ? C’est moi qui suis cette brique et je suis le sceau des Prophètes.»[48]
L’Islam s’efforce, -comme l’ont fait les législations célestes antérieures- de produire et de protéger les éléments nécessaires à la vie de l’homme et à sa pérennité, nous allons donc passer en revue ses grandes priorités :
Le Djihad a été prescrit en Islam dans le but de diffuser la religion d’Allah et de combattre toute personne qui se pose en obstacle à sa transmission, car c’est un message universel. Notons qu’il ne s’agit pas là d’un fait nouveau, mais que cela fait partie des principes approuvés par les législations célestes antérieures à l’Islam : les âmes humaines ne sont pas toutes semblables et le bien et le mal ont toujours coexisté depuis la création de l’univers. Le Djihad fut donc prescrit en Islam, comme cela avait été le cas dans les religions antérieures, pour renverser l’autorité des tyrans qui asservissent les hommes, et pour détourner les hommes du culte des créatures vers l’adoration du Seigneur des créatures et les faire passer de l’injustice des tyrans à la justice de l’Islam. Le Djihad a aussi pour vocation de défendre et protéger le message d’Allah de la manœuvre des pervers. Une fois que le message a été transmis et patiemment expliqué, les gens sont libres de croire ou de ne pas croire, car l’Islam est un message universel destiné à tout le monde sans aucune exception et qui contient les meilleurs principes du bien et de la justice. Toutefois, le Djihad islamique ne vise pas à contraindre les gens à embrasser l’Islam ; c’est plutôt le devoir de transmission qui exige de combattre et de mettre hors d’état nuire toute personne qui empêche que l’appel de vérité soit transmis à tout le monde. Allah I dit : ( Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement)[49].
Dans l’Islam, le combat a des normes ; on ne tue parmi les ennemis que ceux qui participent et aident au combat. Quant aux personnes âgées, aux enfants, aux femmes et aux malades, ils ne sont pas combattus ainsi que ceux qui soignent les malades, les blessés et les dévots qui se consacrent à l’adoration. On ne tue pas les blessés, on ne défigure pas les morts, on ne tue pas les animaux, on ne détruit pas les habitations, on ne pollue pas les cours d’eau et les puits, on n’achève pas le blessé et on ne poursuit pas le déserteur, car Allah I dit : (Certes, Allah n’aime pas les corrupteurs)[50].
Le Prophète r dit aussi : « Combattez au nom d’Allah, dans le chemin d’Allah, celui qui ne croit pas en Allah, combattez et ne trahissez pas, ne mutilez pas et ne tuez pas d’enfants »[51].
Voici la recommandation qu’Abou Bakr As-Sidiq t, le premier Calife du Messager d’Allah r, disait à ses armées lorsqu’il les envoyait au combat : “Arrêtez-vous un instant, je vous adresse dix recommandations que vous veillerez à garder à l’esprit :
« Ne trahissez pas, ne fraudez (pas sur le butin conquis), ne violez pas l’engagement pris, ne mutilez pas les morts, ne tuez ni enfant en bas âge, ni vieillard, ni femme ; ne coupez ni ne brûlez les palmiers, ne coupez aucun arbre fruitier ; n’égorgez ni brebis, ni vache ni chameau, sauf pour en manger. Vous verrez des gens reclus dans des ermitages, laissez-les tranquilles dans leur pratique ; et vous verrez aussi des gens qui vous présenteront des plats avec différents mets, lorsque vous en mangerez, évoquez dessus le nom d’Allah ; vous rencontrerez aussi des gens qui ont rasé le milieu de leur tête et laissé les cheveux tout autour comme des bandeaux -ce sont les combattants qui portent les sabres-, combattez-les durement avec vos sabres, élancez-vous au nom d’Allah. »
Les prisonniers ont des droits en Islam, ils ne doivent ni être torturés ni humiliés, ni mutilés ni privés de nourriture et de boisson jusqu’à la mort, car Allah I dit : (…et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier, (disant) : “C’est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude”)[52].
Ensuite, l’Etat islamique peut les libérer en exigeant ou non une rançon, ou contre des prisonniers Musulmans, car Allah I dit : ( Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. ) [53]
Quant aux vaincus, on ne doit ni porter atteinte à leur honneur, ni piller leurs biens, ni avilir leur personne, ni détruire leurs demeures, ni commettre aucun acte de vengeance ou de représailles à leur encontre, mais on doit au contraire être bienveillant à leur égard, ordonner le convenable et interdire le blâmable, leur rendre justice et respecter leurs croyances, car Allah I dit : ( Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salât, acquittent la Zakât, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant l’issue finale de toute chose appartient à Allah )[54]
On demande seulement, à ceux qui n’embrassent pas l’Islam et qui veulent rester dans leur religion, de payer une somme insignifiante appelée “Djizya” en contrepartie de la protection de leur honneur, de leurs biens et de leurs personnes et afin qu’ils jouissent des mêmes droits que les Musulmans conquérants. Khalid ibn Al-Walid t, dans un de ses traités, dit ceci : « J’ai signé avec vous un accord sur la Djizya et la protection. Si nous vous protégeons, nous avons droit à la Djizya ; sinon, vous ne nous devez rien jusqu’à ce que nous vous protégions. »[55].
La preuve que l’Islam est la religion de miséricorde, de compassion et de justice est que la Djizya n’est pas exigée au pauvre, à l’enfant, à la femme, aux dévots, aux aveugles et aux infirmes. L’Islam est allé même plus loin en imposant à l’Etat islamique la protection et la prise en charge de ces catégories par le Trésor public islamique. Dans l’une des clauses du pacte que Khalid ibn Al-Walid t signa avec les gens de Al-Haira, on lit ceci : « Toute personne âgée qui est incapable de travailler ou qui est victime d’une affection ou qui est devenue pauvre après avoir connu l’aisance au point de ne plus vivre que de la charité de ses coreligionnaires, n’est plus soumise à la Djizya et sera prise en charge ainsi que sa famille par le Trésor public islamique.”[56] .
Nous avons un autre exemple avec Oumar ibn Al-Khattâb t, le Prince des Croyants et le deuxième calife du Messager d’Allah r, qui passa un jour près d’un vieillard Juif qui mendiait. Lorsqu’il s’enquit de son cas, on lui apprit qu’il faisait partie des gens soumis à la Djizya. Il dit alors : « Nous ne serions pas justes à ton égard, si après avoir perçu de toi la Djizya dans ta jeunesse, nous t’abandonnions dans ta vieillesse » ; puis, il le prit par la main, l’amena chez lui et lui donna de la nourriture et des vêtements, ensuite envoya ce message au directeur du Trésor public islamique : « Occupe-toi de cet homme et des gens qui sont dans une situation semblable et donne-leur ainsi qu’à leur famille une pension suffisante au nom du Trésor public islamique, car Allah a dit : ( Les Sadaqâts ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents… ), les pauvres sont les Musulmans et les indigents sont les gens du Livre »[57].
Aux yeux de l’Islam, la vie humaine est une chose précieuse, qui mérite d’être protégée. Le Prophète r dit : « J’en jure par Celui qui tient mon âme en Sa main, tuer un croyant est plus grave auprès d’Allah que la disparition de ce monde »[58].
L’Islam a protégé l’homme contre son semblable, en prescrivant la loi du talion et en ordonnant l’exécution du meurtrier, s’il s’agit d’un homicide volontaire et que les ayants droit de la victime ne renoncent pas à la plainte. Quant à l’homicide involontaire, la loi islamique prévoit l’acquittement du prix du sang (Diyya) et l’expiation (Kaffârah) qui consiste à affranchir un esclave, ou pour celui qui ne le peut pas, à jeûner deux mois consécutifs. Tout cela a pour but de préserver l’âme humaine, de protéger les hommes contre toute agression et de dissuader tout assassin potentiel de commettre un meurtre, car celui qui sait qu’il sera tué à son tour s’il commet un meurtre, se ravisera et épargnera la société de ses méfaits. Si l’on avait prévu pour le meurtrier une sanction autre que la peine capitale, la portée dissuasive aurait été bien moindre. Ce raisonnement est aussi valable pour toutes les autres peines légales en Islam qui ont un caractère avant tout dissuasif et sont de ce fait efficaces : elles n’ont été prescrites que dans le but de protéger l’homme et de garantir ses droits. Allah I dit : ( C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. ) [59].
L’Islam ne se contente pas d’infliger ces peines terrestres : un châtiment terrible attend l’auteur d’un homicide volontaire dans l’au-delà, ainsi que la colère d’Allah, le Jour de la Résurrection. Allah I dit : ( Quiconque tue intentionnellement un croyant, sa rétribution alors sera l’Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l’a frappé de Sa colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment. )[60]
L’Islam protège également l’homme contre lui-même et c’est dans cet esprit qu’il lui a prescrit les recommandations suivantes :
a) Il lui est interdit de s’exposer aux dangers, car l’âme n’est pas la propriété de l’individu, mais un dépôt que lui a confié Allah I et qui ne doit être sacrifié que dans Son chemin, c’est pourquoi l’Islam interdit à l’homme de se suicider, Allah I dit : ( Et ne vous tuez pas vous-mêmes, car Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous)[61].
b) Il doit accorder à l’âme tous les droits qui lui sont consentis par la Charia et il n’est pas permis d’être injuste à son égard en la privant de ce qu’Allah lui a rendu licite, notamment la nourriture, la boisson, les vêtements et le mariage, car Allah I dit : ( Dis : “Qui a interdit la parure d’Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs ainsi que les bonnes nourritures ?”)[62]. Allah I a réprimandé Son Messager Muhammad r qui s’était interdit la consommation du miel en ces termes: ( Ô Prophète ! Pourquoi t’interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite? )[63].
Toutefois, le fait de jouir de bonnes choses et de satisfaire les droits légitimes doit se faire dans les limites prescrites par l’Islam : sans excès ni gaspillage ni arrogance, car Allah I dit : ( Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Il (Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès. )[64]
En Islam, il n’est pas permis de négliger son corps, de le soumettre au supplice ou à la privation, même s’il s’agit d’actes de dévotion, car Allah I dit : ( Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité)[65].
Anas ibn Mâlik t rapporte que trois personnages vinrent dans les demeures des femmes du Messager r afin de s’informer des pratiques du culte du Messager r. Quand on les eut renseignés, ils les trouvèrent peu nombreuses et dirent : « Toutefois, il y a cette différence entre nous et le Messager d’Allah r, c’est qu’Allah a pardonné à celui-ci toutes ses fautes passées et futures. –Aussi moi, déclara l’un d’eux, je veux prier désormais toutes les nuits (et ne jamais dormir). –Moi, ajouta un autre, je veux jeûner toujours et ne jamais rompre le jeûne. –Quant à moi, s’écria le troisième, je veux me priver de femme et ne jamais me marier. » Survenant à ce moment, l’Envoyé d’Allah r leur dit : « Comment, c’est vous qui dites telle et telle chose ? Mais moi, par Allah ! qui plus que vous, crains et révère Allah, je jeûne et j’interromps le jeûne, je prie et je dors, et j’ai épousé des femmes. Quiconque se détourne de la voie que j’ai tracée n’est pas des miens. »[66].
Dans l’Islam, la raison est la base de la responsabilisation. Aussi, l’Islam a interdit tout ce qui est de nature à lui nuire, comme la consommation des boissons enivrantes et des drogues. L’Islam considère la boisson alcoolique –et tout ce qui génère les mêmes effets– comme la mère des vilenies en raison de la gravité des conséquences qu’entraîne sa consommation. C’est dans cet esprit qu’il a prescrit la flagellation comme peine pour celui qui en consomme, dans le but de préserver la raison, de protéger l’honneur et les biens des individus. Les idées destructives qui invitent à la débauche et à la perversité ont aussi des effets néfastes sur la raison. Allah I dit : ( Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimitié et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la Salât. Allez-vous donc y mettre fin ? )[67].
Pour éradiquer ce mal, l’Islam a interdit sa fabrication, son commerce, et le même simple fait de contribuer à sa consommation, même si on n’en consomme pas, car le Prophète r a dit : « Le vin est maudit de dix façons : le vin lui-même, celui qui le fabrique, celui pour qui il est fabriqué, le vendeur, l’acheteur, le porteur et celui pour qui il est porté, celui qui consomme son prix, le buveur et le serveur »[68].
L’Islam a interdit tout ce qui est de nature à porter atteinte directement ou indirectement à l’honneur du Musulman, il a ainsi interdit :
- La fornication. Allah I dit : ( Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin ! )[69].
Il a aussi interdit toutes les prémices qui conduisent à ce péché comme :
· Le regard que l’on porte sur une personne qu’on n’a pas le droit de regarder. Le Prophète r dit : « Le regard est une des flèches empoisonnées du Diable. Celui qui s’abstient de regarder par crainte d’Allah, Allah lui donne en rétribution une foi dont il ressentira la saveur dans le cœur »[70].
· L'isolement avec les personnes avec qui le mariage est permis. Le Prophète r dit : « Aucun homme ne doit s’isoler avec une femme sauf en présence d’un proche parent interdit (Mahram) –un homme se leva alors et dit : Ô Messager d’Allah, ma femme est allée faire le pèlerinage et je me suis inscrit pour telle bataille –Le Prophète r lui dit : retourne accomplir le pèlerinage avec ta femme »[71].
· Toucher ou embrasser une personne avec qui cela n’est pas permis. Le Prophète r a dit : « Tous les fils d’Adam commettent inéluctablement la fornication : les yeux la pratiquent et leur fornication est le regard, les mains la pratiquent et leur fornication est le toucher ; le cœur désire mais le sexe confirme cela ou l’infirme. »[72].
La sanction prévue contre le fornicateur qui ne s’est jamais marié est la flagellation : (La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah –si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. )[73].
Quant au coupable ou à la coupable d’adultère qui a déjà été marié (Mouhçane – Mouhçana), sa peine est la lapidation.
Toutefois, l’application de cette peine exige l’une de ces deux conditions :
- L’aveu manifeste du forfait par le fornicateur et la fornicatrice. La sentence n’est pas appliquée dès le premier aveu, mais on se détourne d’eux plusieurs fois.
- Le témoignage de quatre personnes intègres qui décriront l’acte dans ses moindres détails, c’est-à-dire la pénétration. Cela n’est évidemment possible que s’ils exposent leur délit au grand jour afin que ces témoins puissent les voir. Ce n’est pas exagéré de dire qu’il est presque impossible de parvenir à cela, car ces délits, d’habitude ne sont commis qu’en cachette, loin de tout regard. De toute l’histoire de l’Islam, on n’a observé que deux ou trois cas où cette peine a été appliquée suite à l’aveu même des contrevenants et sur leur demande.
Il faut absolument éviter tout soupçon, la peine n’est pas appliquée à cause d’un simple baiser ou pour des embrassades ou des flirts qui n’aboutissent pas à l’acte sexuel proprement dit.
Toujours dans le souci de protéger l’honneur des individus, l’Islam a interdit la diffamation. Quiconque accuse un homme ou une femme de débauche et n’arrive pas à le prouver est passible de la peine de diffamation qui consiste à lui administrer quatre-vingts coups de fouet, car Allah I dit : ( Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers)[74].
Dans le même ordre d’idée, l’Islam a interdit toute parole ou tout acte qui porte atteinte à la dignité et à la réputation de l’Homme, blesse ses sentiments et offense son amour-propre, Allah I dit : ( Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que «perversion» lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas… Ceux-là sont les injustes. Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non !) Vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux. )[75].
De même, l’Islam a sévèrement interdit tout ce qui constitue une violation de la propriété matérielle, comme l’usurpation, l’appropriation injuste des terres ou des biens d’autrui, par escroquerie ou malversation. Allah I dit : (Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens. ) [78] .
Celui qui se rend coupable de tels délits s’expose à une sévère punition le Jour de la Résurrection, car le Prophète r a dit : «Quiconque s’approprie injustement le bien d’un Musulman, rencontrera Allah alors qu’Il est en colère contre lui»[79].
La Charia islamique somme l’usurpateur de restituer le bien spolié ; s’il l’a usé ou dilapidé, il doit en restituer le prix. Toutefois, si le propriétaire renonce à son droit, le coupable en est exempté, mais subit néanmoins une sanction disciplinaire.
Mieux, l’Islam a accordé au propriétaire le droit à la légitime défense pour mettre ses biens à l’abri de l’agresseur : même si cela aboutit à la mort de ce dernier, il n’y a pas de talion à faire. Si en revanche, le propriétaire est tué par l’agresseur, il est alors considéré comme un martyr, car le Prophète r dit : «Quiconque est tué en défendant ses biens est un martyr»[80].
L’Islam accorde une grande importance à cette question, car c’est le seul moyen qui garantit la pérennité de l’espèce humaine à qui Allah a confié la succession sur terre. Il a ainsi interdit tout ce qui est de nature à porter atteinte à la perpétuation de l’espace, à l’interrompre ou à la ralentir sans nécessité, Allah I dit : ( Dès qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et progéniture[81]. Et Allah n’aime pas le désordre ! ) [82].
L’Islam a ainsi interdit l’avortement après le quatrième mois de la grossesse, parce que cela constitue un délit contre une vie humaine, vu que l’âme est déjà insufflée dans le foetus, sauf si cela représente un danger pour la vie de la mère. Le Prophète r dit : «Le corps de tout homme demeure d’abord quarante jours à s’agglomérer dans le ventre de sa mère ; puis pendant un temps d’égale durée, il est une adhérence. Puis, pendant quarante autres jours, il devient morceau de chair. Alors, Allah envoie un Ange avec l’ordre d’écrire quatre mots relatifs à la conduite de l’homme, à sa part de biens, au terme de sa vie, à sa destinée heureuse ou malheureuse. Puis, l’esprit est insufflé dans cette chair…»[83]
L’Islam est allé plus loin en considérant l’avortement provoqué de manière délibérée comme un homicide qui impose une sanction disciplinaire à l’encontre des parents ; et dans le cas où il est causé involontairement, seul le prix du sang est exigé.
Plusieurs hadiths rapportés du Prophète r encouragent la procréation. Le Prophète r dit : «Epousez la femme affectueuse et féconde, car je voudrais surpasser en nombre les autres Prophètes»[84].
Compte tenu de l’importance de la famille et de la place qu’elle occupe dans l’Islam –en tant que cellule de base de la société– l’Islam veille avec beaucoup de soin sur elle afin de la préserver du désordre et de tout risque de dispersion. La parenté est le lien qui unit les membres de la famille les uns aux autres et permet à chacun des proches parents de connaître l’autre et de lui donner son dû, conformément aux prescriptions d’Allah sur le fait d’entretenir les liens de parentés et de respecter les devoirs qui s’y rattachent. Le Prophète r dit : « Apprenez de votre généalogie ce qui vous permet d’entretenir vos liens de parenté, car l’entretien du lien de parenté suscite une affection envers les proches parents, un accroissement de la richesse et de la longévité »[85].
C’est pour cela que l’Islam a tout fait pour mettre la parenté à l’abri de la confusion qui conduit à la destruction de la société, aux unions incestueuses, à l’attribution de l’héritage à ceux qui n’y ont pas droit et la spoliation de ceux qui en ont droit. Le Prophète r dit : « Toute femme qui introduit dans une famille un enfant qui n’y appartient pas contredit la religion d’Allah et Il ne l’introduira pas dans Son Paradis. Et tout père qui nie son enfant alors qu’il le voit, ne verra pas Allah et Il le déshonorera devant les premières et les dernières générations »[86] .
L’Islam a démantelé les mauvaises pratiques en vigueur autrefois tant chez les Arabes que chez les non Arabes, notamment :
L’adoption : elle consistait pour l’homme à choisir un individu ne faisant pas partie de sa progéniture pour lui attribuer sa propre filiation de façon à ce qu’il ait les mêmes droits et devoirs que ses propres enfants. Allah I dit : ( Allah n’a pas assigné à l’homme deux cœurs dans sa poitrine. Il n’a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant] : “Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère”. Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c’est Lui qui met [l’homme] dans la bonne direction. Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés… )[87].
La reconnaissance de l’enfant : elle consistait à priver l’enfant légitime de la filiation de son père jusqu’à ce que ce dernier le reconnaisse explicitement et accepte qu’il rejoigne sa lignée. L’Islam interdit cette pratique qui bafoue la valeur du contrat du mariage, soumet les affaires de la famille aux caprices du mari, insulte à la dignité de la femme, attaquée dans son honneur, et constitue enfin un germe de discrimination entre les enfants qui met à mal le lien de parenté. C’est pourquoi l’Islam a institué que tout enfant qui naît dans un cadre légitime est automatiquement considéré comme le fils ou la fille du mari, sans qu’il y ait besoin de son consentement ou de sa reconnaissance explicite, car le Prophète r a dit : « L’enfant appartient au lit »[88].
Fait exception à cette règle le cas prouvé de l’infidélité conjugale de l’épouse qui conçoit d’un autre que son mari. Il y a bien sûr des lois qui régissent ce cas dans la Législation islamique et qu’on ne saurait détailler ici.
Le désengagement du lien de parenté (Al-Khoul’) : qui consistait à permettre au chef de famille de se désengager de certains membres légitimes de sa famille. Ainsi, leur parenté mutuelle était rompue de telle sorte qu’il devenait un étranger par rapport à eux. Le Prophète r dit à cet effet : « Deux choses chez les gens font partie des pratiques de la mécréance : la contestation de la parenté et les lamentations sur le mort »[89].
L’affiliation de la femme mariée à son mari : Dans la Législation islamique, la femme conserve son nom et celui de sa famille et sa parenté d’origine après son mariage. Il est interdit de lui attribuer le nom de son mari, de la famille de ce dernier et sa filiation. C’est là, sans aucun doute, un grand honneur rendu à la femme et une reconnaissance de sa dignité, de son indépendance et de son égalité avec l’homme dans la valeur humaine. Le Prophète r dit : « Quiconque se donne une autre filiation que celle de son père ou s’attribue une alliance avec des gens autres que ses alliés est maudit par Allah, Ses anges et tous les hommes »[90].
1- Il préserve les droits du faible et de l’incapable. Le Prophète r dit : « Allah n’a pas d’égard pour un peuple où le faible ne peut pas prendre son dû chez le fort sans peine »[91].
Il dit aussi : « Quiconque a ces trois qualités, Allah le mettra sous Son égide et le fera entrer dans Son Paradis : compassion vis-à-vis du pauvre, bienveillance à l’égard des parents et bienfaisance envers l’esclave »[92].
2- Il défend les droits des nécessiteux : Allah I dit : ( Quant au demandeur, ne le repousse pas ) [93].
3- Il protège les droits des jeunes : Le Prophète r dit : « N’est pas des nôtres, celui-là qui n’a pas de compassion envers nos jeunes et qui n’a pas d’égard pour nos personnes âgées »[94].
4- Il préserve les droits des personnes âgées : Le Prophète r dit : « Un jeune n’honore pas un vieillard à cause de son âge sans qu’Allah ne lui assigne aussi un jeune qui l’honorera à cet âge »[95].
5- Il veille également sur les droits des malades : Le Prophète r dit : « Cinq devoirs incombent au Musulman vis-à-vis de son frère Musulman : répondre à son salut, lui rendre visite quand il tombe malade, suivre son convoi funèbre quand il meurt, répondre à son invitation et lui présenter les souhaits quand il éternue »[96].
6- Il garantit les droits des orphelins : Allah I dit : ( Quant à l’orphelin, ne le maltraite pas ) [97]
Il dit aussi : ( Ceux qui mangent [disposent] injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l’Enfer )[98]
7- Il défend les droits des enfants : Allah I dit : ( Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux ) [99].
Les richesses et les biens présents sur terre ne sont pas la propriété d’un individu, ou d’un peuple ; ce sont, au contraire, des biens qui appartiennent à tous et doivent assurer le bien-être de tous les membres de la société. Il est de la responsabilité de tous, dans la société Musulmane, de rappeler à l’ordre toute personne qui essaye de les détruire ou de les exploiter contrairement aux principes de la Charia Islamique. Allah I dit : ( Et ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre )[100].
L’Islam œuvre pour le renforcement des liens sociaux entre les individus composant sa société. Il y a, d’une part, les liens rapprochés qu’on appelle en Islam Al-Arhâm : Allah a recommandé le respect de ces liens et menacé d’une punition sévère celui qui les rompt : ( Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. ) [101]
Il y a, d’autre part, des liens moins directs, qui unissent les différents membres de la société et favorisent l’entente, la cohésion, l’harmonie et la liaison dans la société islamique. C’est pour cette raison qu’il il est recommandé au Musulman d’accomplir ses devoirs et obligations vis-à-vis de ses frères Musulmans. Allah I dit : ( Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salât, acquittent la Zakât, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable… ) [102]
Le Prophète r dit aussi : « Ne soyez pas envieux les uns des autres ; ne surenchérissez pas sur l’offre d’un Musulman ; ne soyez pas haineux, et ne soyez pas courroucés les uns envers les autres. Que l’un de vous ne vende pas pour supplanter celui qui est déjà en marché ; soyez, ô serviteurs d’Allah, frères. Le Musulman est le frère du Musulman ; il ne l’opprime pas, ni ne le déçoit ; il ne lui ment pas, ni ne le méprise. La crainte d’Allah est ici (il dit ceci en montrant trois fois son cœur). Il n’y a pas pire mal que de mépriser son frère Musulman. Il est formellement interdit à un Musulman de porter atteinte à tout ce qui touche un autre Musulman : son sang, son bien et son honneur. »[103].
Il y a donc des droits particuliers et des droits généraux. Les droits particuliers sont répartis comme suit :
Cette attestation implique de qui suit :
1– L’unicité d’Allah dans Sa seigneurie : c’est reconnaître Son existence et qu’Il est l’unique Créateur de cet univers et de tout ce qu’il comporte, qu’Il est son Possesseur et que c’est Lui qui le gère. C’est Lui qui est auteur de toute chose dans cet Univers ; aussi, rien n’existe en dehors de Sa volonté, rien n’advient en dehors de Son décret. Allah I dit : ( La création et le commandement n’appartiennent qu’à Lui. Toute gloire à Allah, Seigneur de l’Univers. )[104]
2– L’unicité d’Allah dans Ses Noms et Attributs : c’est avoir la conviction qu’Allah le Très Haut a les plus beaux Noms et les Attributs sublimes et qu’Il est exempt de tout défaut et de toute imperfection. Allah I dit : ( C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms. Ils seront rétribués pour ce qu’ils ont fait. )[105]
Nous Lui attribuons les Noms et Attributs qu’Il s’est Lui-même attribués dans Son Livre et ou que Lui a attribués Son Messager Muhammad r et par lesquels aucune créature ne Lui ressemble, sans entrer dans le comment de ces attributs, ni les vider de sens, ni leur donner de ressemblance, ni les assimiler aux attributs des créatures. Allah le Très Haut dit : ( Il n’y a rien qui Lui ressemble ; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. ) [106]
3– L’Unicité d’Allah dans le culte : c’est la conviction ferme qu’Allah est la seule vraie divinité, il n’y a pas de divinité en dehors de Lui, rien ne mérite être adoré, si ce n’est Lui. Allah I dit : ( Et nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager à qui Nous n’ayons révélé : “Point de divinité en dehors de Moi. Adorez-moi donc”)[107].
Cette croyance implique aussi que les actes et les paroles du serviteur soient en conformité avec les prescriptions d’Allah et qu’il en fasse le moyen de gagner l’agrément d’Allah. Allah I dit : ( Ceux qui, par orgueil, se refusent à M’adorer entreront bientôt dans l’Enfer, humiliés ) [108].
Cette croyance implique que l’homme accomplisse les obligations qu’Allah lui a prescrites telles que :
- La prière rituelle, qui a pour principal avantage d’éloigner l’homme de la turpitude et du blâmable, car Allah I dit : ( En vérité la prière rituelle préserve de la turpitude et du blâmable. ) [109].
- L’acquittement de la Zakât qui compte de nombreux avantages : elle purifie l’âme, la débarrasse de l’avarice, permet de satisfaire les besoins des nécessiteux, d’apporter une aide aux indigents et aux pauvres et de revivifier l’esprit de la solidarité au sein de la société. Elle est prélevée chez les riches de la communauté et redistribuée aux pauvres. Allah I dit : ( Qui donne ses biens pour se purifier ; et auprès de qui personne ne profite d’un bienfait intéressé, mais seulement pour la recherche de la Face de son Seigneur le Très-Haut. )[110].
- Le jeûne (du Ramadan) qui apporte, entre autres, les bienfaits suivants : il permet d’acquérir la piété, d’extirper certains désirs du cœur et d’apprendre à mieux se contrôler. Allah I dit : ( Ô les croyants ! On vous a prescrit le Jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété )[111] .
- Le pèlerinage (à la Mecque), dont Allah souligne certains bienfaits dans ce verset : (Pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom d’Allah aux jours fixés, sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée )[112].
Tous les actes d’adoration prescrits en Islam sont compatibles avec les capacités humaines et l’Islam n’impose pas à l’homme une charge supérieure à sa capacité, car c’est une religion de facilité comme Allah le dit : ( Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous. )[113]. Et le Prophète r dit : « Quand je vous ordonne une chose, faites-la autant que vous le pouvez »[114].
Toutefois, certaines de ces obligations peuvent être levées dans certains cas :
- La prière, par exemple, comporte des éléments obligatoires, comme la station débout lorsqu’on en est capable, mais lorsqu’on ne peut plus l’accomplir en étant débout, on l’accomplit assis et si on ne peut la faire assis, on la fait couché et si l’on n’en est pas capable, on l’accomplit par des signes. De même, il est obligatoire pour les hommes d’accomplir la prière rituelle en congrégation et à la mosquée ; mais ils peuvent en être exemptés et l’accomplir chez eux : en cas de maladie, s’ils craignent pour leur sécurité, s’il fait trop froid ou si une forte pluie sévit. Quant à la femme en période des menstrues ou des lochies, elle est dispensée de la prière et n’a pas à rattraper les jours manqués, jusqu’à ce qu’elle recouvre sa pureté.
- La Zakât n’est pas exigée de celui dont les biens n’ont pas atteint le seuil imposable, bien au contraire, on lui verse cette zakat s’il est pauvre.
- Le jeûne n’est pas une obligation pour le malade incurable, qui doit alors nourrir des pauvres, à titre d’expiation. S’il s’agit d’une maladie bénigne, il compensera les jours manqués quand il sera guéri. La personne âgée qui a de la peine à accomplir le jeûne en est dispensé, mais doit s’acquitter de l’expiation. La femme enceinte qui craint pour sa santé ou pour son fœtus est dispensée du jeûne, elle le rattrapera après son accouchement. Il est aussi permis au voyageur de rompre le jeûne car le voyage comporte souvent des fatigues et des désagréments, mais on doit compenser les jours manqués par la suite. La femme en menstrues ou lochies est aussi dispensée du jeûne jusqu’à sa purification à la suite de laquelle elle compense les jours manqués.
- Le pèlerinage n’est pas obligatoire pour celui qui en est incapable financièrement ou physiquement. Dans le second cas (incapacité physique), si la personne a les moyens financiers nécessaires, elle peut mandater quelqu’un d’autre pour faire le pèlerinage en son nom. Mais celui qui en est incapable financièrement en est dispensé jusqu’à ce qu’il ait les moyens nécessaires pour entreprendre le pèlerinage et assurer la subsistance de ceux dont il a la charge. Allah I dit : ( Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens d’aller faire le pèlerinage de la Maison. ) [115] .
- Lorsque l’homme est en danger de mort, il lui est permis –dans la limite du strict nécessaire– de manger ou de boire ce qu’Allah a interdit, comme la chair de la bête morte, du sang, de la chair du porc, du vin. Allah I à cet effet : ( Il n’y a pas de péché sur celui qui est contraint sans toutefois abuser ni transgresser)[116].
Saïd Qutb, commentant ce verset dit : « C’est la croyance qui reconnaît l’homme en tant qu’humain, différent de l’animal, de l’Ange ou du diable. Elle le considère tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, et tient compte du fait que c’est une entité composée d’un corps qui a des penchants, d’une raison qui exerce sa réflexion, et d’une âme qui a ses désirs propres. Par conséquent, elle prescrit des obligations qu’il peut assumer et veille à ce qu’il y ait un accord entre l’obligation et la capacité sans difficulté ni gêne. »
Cette attestation implique les devoirs suivants :
1 – Obéir à son ordre. Allah I dit : ( Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. Et quiconque tourne le dos… Nous ne t’avons pas envoyé à eux comme gardien. ) [117].
2 – Ajouter foi à tout ce qu’il dit. Allah I dit : ( Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. ) [118].
3 – Eviter ce qu’il a interdit et ce contre quoi il nous a mis en garde. Allah I dit : ( Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en.)[119].
4 – Adorer Allah selon la voie qu’il nous a montrée. Le Prophète r dit : « Quiconque fera une action qui n’est pas conforme à nos prescriptions, fera œuvre vaine » [120]
Dans la législation islamique, l’on ne peut avoir une foi complète que lorsqu’on croit à tous les Messagers et Prophètes d’Allah, qu’on les aime et les respecte, depuis Adam jusqu’au Prophète de l’Islam. Quiconque renie l’un d’eux est mécréant et sort de l’Islam. Allah I dit : ( Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses Messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses Messagers et qui disent : “nous croyons en certains d’entre eux mais ne croyons pas en d’autres”, et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance), les voilà les vrais mécréants ! Et nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant. )[121].
Le Prophète de l’Islam r est le sceau des Prophètes et des Messagers et sa Législation est venue parachever et abroger les législations célestes antérieures, car les Messagers étaient envoyés avant Lui pour un peuple et une période déterminés tandis que le Messager de l’Islam r est envoyé à toute l’humanité et son message perdurera jusqu’au Jour de la Résurrection. Allah I dit : ( Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour toute l’humanité. Mais la plupart des gens ne savent pas. )[122].
C’est pour cette raison que le Musulman est appelé à transmettre le message et la législation islamique aux autres. Celui qui l’accepte, tant mieux, car c’est ce que l’Islam souhaite. Mais celui qui refuse n’a plus d’argument devant Allah. Allah I dit : (Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement.)[123]
On leur doit obéissance –tant qu’ils n’ordonnent pas de commettre un péché ; on doit éviter de leur désobéir, exécuter leurs ordres, faire preuve de bonté à leur égard en les prenant en charge, en veillant à satisfaire tous leurs besoins vitaux (nourriture, boisson, vêtement et logement), et en les comblant de présents. On est également tenu de leur parler avec humilité, de ne pas se montrer hautain vis-à-vis d’eux, de leur rendre service patiemment, de veiller à ne pas choquer leurs sentiments et éviter tout propos qui les offense et blesse leurs sentiments, car Allah I a étroitement associé Son droit à celui des parents. Il dit en effet : ( Et ton Seigneur a décrété : “N’adorez que Lui et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point : “Fi!” et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis ; “Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit” )[124].
Le Prophète r dit aussi : « La satisfaction d’Allah est acquise par la satisfaction des parents et Sa colère suit la colère des Parents »[125].
Ces droits sont acquis aux parents même s’ils ne sont pas Musulmans, tant qu’ils n’ordonnent pas quelque chose qui est interdit par l’Islam comme le prouve ce hadith de Asmâ Bint Abû Bakr qui dit : « Ma mère vint me voir alors qu’elle était polythéiste au moment de la trêve conclue entre les Quraychites et le Prophète r ; j’allai alors consulter le Prophète r : « Envoyé d’Allah , lui dis-je, ma mère est venue me voir pour solliciter mon aide ; dois-je observer à son égard les devoirs de la parente ? –Oui, observe-les envers elle » me répondit le Prophète r »[126]
La mère a la priorité sur le père en termes de bonté, de bienveillance, de douceur et de compassion, comme le prouve ce hadith de Abû Houreira t qui dit : Un homme vint trouver le Messager d’Allah (r) et dit : « Ô Messager d’Allah, quelle est la personne la plus digne de ma bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère » L’homme reprit : « Qui d’autre, ensuite ? » Il répondit : « Ta mère » L’homme répéta : « Qui d’autre, ensuite ? » Il répondit de nouveau : « Ta mère » « Ensuite ? » demanda l’homme une dernière fois ; il répondit alors : « Ton père »[127].
Il a attribué à la mère trois fois plus de droits qu’au père, car la mère consent plus d’efforts et de sacrifices pour son enfant, ainsi qu’Allah l’a dit dans ce verset : ( Sa mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché... ) [128]
- L’autorité : c’est le droit de l’époux d’avoir l’autorité sur le foyer, il est le chef de famille, et veille sur son foyer sans être un tyran pour autant. Allah I dit à cet effet : ( Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. )[129].
Ce droit est accordé aux hommes parce que dans la plupart des cas, ils se montrent plus pondérés face aux événements, ce qui n’est pas toujours le cas chez les femmes, où l’affectivité domine souvent. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que les femmes ne doivent pas être consultées en ce qui concerne les affaires qui touchent la vie conjugale.
- Elle doit lui obéir tant qu’il n’ordonne pas une désobéissance à Allah. Aïcha rapporte qu’elle a demandé un jour : « Ô Messager d’Allah ! Qui, de tous, a plus de droits sur la femme ? - Son mari, répond-t-il. » Je dis : « Qui parmi les gens a plus de droits sur l’homme ? - Sa mère, dit-il »[130]
- Elle doit répondre à son invitation au lit, car le Prophète r dit : « Quand l’homme invite sa femme au lit et qu’elle refuse, les Anges ne cessent de la maudire jusqu’au matin »[131].
- Elle ne doit pas lui imposer une charge supérieure à sa capacité, ni lui demander ce qui n’est pas à sa portée, mais elle devrait plutôt s’efforcer de rechercher son agrément et de satisfaire ses demandes, car le Prophète r dit : « S’il m’avait été permis d’ordonner à quelqu’un de se prosterner devant un autre, c’est bien à la femme que j’aurais ordonné de se prosterner devant son mari. »[132].
- La femme doit préserver les biens de son mari, ses enfants et son honneur. Le Prophète r dit : « La meilleure épouse est celle qui te réjouit quand tu la regardes, quand tu lui donnes un ordre, elle s’y conforme et quand tu t’absentes elle préserve aussi bien ton honneur que tes biens.” Puis le Prophète r récita ce verset jusqu’à la fin : ( Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand. ) »[133]
- Elle ne doit sortir de la maison qu’avec sa permission et ne doit pas faire entrer chez lui quelqu’un qu’il déteste. Le Prophète r dit : « Vous avez des droits sur vos femmes et elles en ont sur vous. Quant à vos droits sur vos femmes, elles ne doivent pas autoriser à celui que vous n’aimez point de fouler vos tapis et ne doivent pas permettre à celui que vous détestez d’entrer chez vous. Et les droits qu’elles ont sur vous, c’est d’être traitées aimablement, habillées et nourries”[134].
- La dot : c’est un droit obligatoire de l’épouse sur son époux, et une condition pour la validité du contrat de mariage, car Allah I dit : ( Et donnez aux épouses leur mahr, de bonne grâce. Si, de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. )[135]
- La justice et l’égalité – pour celui qui a deux épouses ou plus. Il doit être équitable à leur égard en ce qui concerne la nourriture, la boisson, les vêtements, le logement et le partage des nuits, car le Prophète r a dit : « Quiconque a deux épouses et penche pour l’une d’entre elles viendra le Jour de la Résurrection avec un flanc pendant. »[136]
- Sa prise en charge, ainsi que celle de ses enfants. L’époux doit procurer à son épouse les biens dont elle a besoin dans la mesure de ses capacités, comme Allah le dit dans ce verset : ( Que celui qui est aisé dépense de sa fortune : et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu’Allah lui a accordé. Allah n’impose à l’homme que selon ce qu’Il lui a donné. )[137]
Afin d’encourager et d’inciter les Musulmans à effectuer ces dépenses, l’Islam les a considérées comme des aumônes pour lesquelles ils seront rétribués, car le Prophète r a dit Saad ibn Abi Waqâce : « Tu ne donnes pas à manger à quelqu'un en vue d’Allah sans qu’Allah ne te récompense de cet acte, même quand il s’agit de la simple bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme… » [138].
Lorsque le mari ne donne pas à la femme et à ses enfants ce dont ils ont besoin en quantité suffisante, elle a le droit de prendre de son argent à son insu, car Hind Bint Outbah rapporte qu’elle dit au Prophète : « Ô Messager d’Allah, Abû Soufyan (son mari) est un homme avare, il ne me donne pas de quoi nous suffire à mes enfants et à moi. Puis-je prendre de son bien sans l’en aviser ? Alors le Prophète r lui répondit : “Prends de quoi suffire honnêtement à tes enfants et à toi-même ”[139].
- Les rapports intimes : C’est l’un des principaux droits que la Législation islamique invite le mari à respecter, car en tant qu’épouse, la femme a besoin d’un compagnon aimant qui la cajole et satisfait des désirs afin qu’elle ne se voit pas contrainte de tomber dans des actes aux conséquences insoupçonnées. Djâbir rapporte : L’Envoyé l’Allah m’ayant dit : “Tu t’es marié, ô Djâbir” ? - Oui, répondis-je. –Avec une vierge ou une femme ayant déjà été mariée ?” reprit-il. –Avec une femme ayant déjà été mariée ” répliquai-je. –Pourquoi, ajouta-t-il, n’avoir pas pris une vierge ? Tu l’aurais caressée, elle t’aurait caressé, tu l’aurais fait rire, elle t’aurait fait rire”[140]
- Garder ses secrets, ne pas dévoiler ses défauts, ce qu’il voit et entend d’elle, surtout se garder de divulguer leurs rapports intimes, car le Prophète r a dit : « Parmi les pires gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection, il y a l’homme qui après avoir eu des rapports intimes avec sa femme, se met à divulguer son secret »[141].
- Bien la traiter, vivre avec elle convenablement, lui faire du bien, la consulter dans les affaires conjugales. L’époux ne doit pas imposer son opinion et prendre les décisions unilatéralement. Il doit lui procurer les moyens d’être heureuse et tranquille en lui manifestant son sincère amour, par des plaisanteries, des jeux et de petites marques de tendresse, car le Prophète r a dit : « Les croyants qui ont la foi la plus complète sont ceux qui ont les meilleurs caractères et les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes »[142].
- Supporter ses méchancetés, pardonner ses erreurs et ne pas faire cas de ses bévues, car le Prophète r a dit : “Qu’un croyant n’exècre pas une croyante, car s’il déteste en elle un défaut, il trouvera également en elle une qualité qui le satisfait”[143]
- Il doit jalousement la garder et ne pas l’exposer aux endroits du mal et de la perversion, car Allah I dit : ( Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres )[144].
- Veiller sur la protection de ses biens particuliers : Il ne doit rien y toucher sans sa permission et il ne peut en disposer qu’avec son consentement et en sa connaissance.
- Ils consistent à ce qu’on préserve leur vie, s’occupe d’eux et de leur affaires, à qu’on veille à assurer leurs besoins en nourriture, boisson, vêtement et logement, car le Prophète r dit : « Il suffit comme péché pour l’homme de ne pas s’occuper de ceux dont il a la charge. »[145]
- On doit leur choisir des noms convenables, car le Prophète r dit : « Vous serez appelés par vos noms et les noms de vos pères, le Jour de la Résurrection, embellissez donc vos noms »[146].
- Leur inculquer des qualités nobles comme la pudeur, la politesse vis-à-vis du plus âgé, la déférence, la sincérité, la fidélité, le respect des parents… Les mettre à l’abri des mauvais caractères et des mauvaises actions tels que : le mensonge, la tricherie, la duperie, l’abus de confiance, le vol et la désobéissance aux parents… Le Prophète r dit : « Honorez vos enfants et soignez leur éducation »[147].
- Leur donner une instruction utile et leur choisir de bons Compagnons. Le Prophète r dit : « Chacun de vous est un berger et il lui sera demandé compte de son troupeau : le gouvernant est un berger et il lui sera demandé compte de son troupeau. L’homme est un berger pour sa famille et il lui sera demandé compte de son troupeau. La femme pour la maison de son mari est une bergère et il lui sera demandé compte de son troupeau. Le serviteur pour les biens de son maître est berger et il lui sera demandé compte de son troupeau »[148].
- Se préoccuper de leur sort en se gardant de faire des invocations contre eux, car le Messager d’Allah r dit : « Ne faites pas d’invocations contre vos propres personnes ni contre vos enfants, ni contre vos biens, car vous pourriez bien tomber sur une heure où lorsque Allah est invoqué, Il exauce vos invocations. »[149]
- Faire preuve d’équité entre eux et ne pas donner la préférence aux uns au détriment des autres dans le partage des biens et des cadeaux, et dans les manifestations de tendresse, car afficher des préférences peut provoquer chez certains la désobéissance, et susciter la haine et la rancœur envers leurs autres frères et sœurs.
An-Nou’man ibn Bachir t rapporte ceci : « Mon père me fit don d’une partie de ses biens et ma mère, Amra Bint Rawâhah dit : « Je ne serai d’accord que lorsque le Prophète r aura été pris pour témoin ». An-Nou’man dit : Mon père me conduisit alors auprès du Prophète r pour le prendre à témoin au sujet de ce don. Alors le Messager d’Allah r lui dit : « As-tu offert autant à tous tes enfants ? - Non, répondit-il. Alors le Prophète r de dire : « Craignez Allah et pratiquez l’équité entre vos enfants » De retour chez lui, Bachir reprit le cadeau qu’il avait fait. »[150].
Ce sont les proches, ceux auxquels on est lié par des liens de sang. L’Islam a vivement recommandé de les assister matériellement –si l’on est riche– en satisfaisant leurs besoins, et de résoudre leurs problèmes grâce aux aumônes obligatoires ou volontaire ; sur le plan moral, l’on doit s’enquérir de leurs nouvelles, leur manifester de l’affection, partager leurs peines et leurs joies. Allah I dit : ( Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. )[151]
L’Islam incite le Musulman à préserver ces liens de parenté même lorsque ses proches parents ne le font pas, car le Prophète r dit : « Celui qui agit bien envers ses proches n’est pas celui qui agit à titre de réciprocité ; mais c’est celui qui renoue ses relations lorsqu’elles ont été rompues. »[152].
L’Islam a sévèrement mis en garde les Musulmans contre le non-respect des liens de parenté et considère ce manquement comme faisant partie de grands péchés. Le Messager d’Allah r dit « Lorsque Allah eut créé les êtres vivants, le lien de sang se leva. Assez ! lui dit Allah. - C’est pour te supplier de me protéger contre les ruptures. Allah dit : N’es-tu pas satisfaite que Je sois avec ceux avec qui tu es uni et que je rompe avec ceux avec qui tu as rompu ? - Certes oui, Seigneur », reprit-il. –Eh bien ! Il en sera ainsi. Ceci est pour toi, dit-Il. Puis Abû Houreira t lut ce verset : ( Si vous vous détournez, ne risquez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté. ) »[153].
- On doit l’écouter et lui obéir tant que cela n’entraîne pas la désobéissance à Allah. S’il n’ordonne pas de désobéir à Allah, lui obéir, c’est obéir à Allah et lui désobéir, c’est désobéir à Allah. Allah I dit : ( Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. )[154]
- On doit lui prodiguer des conseils avec manière et douceur et se garder de le tromper, en le guidant vers ce qui lui est utile ainsi qu’à la communauté et en lui rappelant les besoins du peuple. Nous voyons notre Seigneur faire cette recommandation à Moïse (Moussa) et son frère Haroun, lorsqu’Il les envoya chez Pharaon pour l’inviter à la foi : ( Puis parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il. )[155]
Et le Prophète r dit : «La vraie religion consiste à être loyal. - Envers qui ? Demandèrent les Compagnons. Il répondit : Envers Allah, envers Son livre, envers Son Messager, à l’égard des chefs de la communauté Musulmane et de la communauté Musulmane tout entière.»[156]
- On doit se tenir à ses côtés au moment des épreuves et des crises et se garder de s’insurger contre lui, de le priver de soutien et de l’abandonner même si on fait partie du groupe qui ne lui a pas fait le serment d’allégeance. Le Prophète r dit : « Celui qui vient vous trouver alors que vous êtes unis autour d’un seul homme et qui veut vous diviser et faire éclater votre communauté, tuez-le »[157].
Les droits des administrés sur les dirigeants relèvent des six principes généraux qui suivent :
1 – Faire régner la justice entre les administrés : donner à chacun son dû. Le gouvernant doit être juste dans le domaine des droits comme des devoirs, juste dans la répartition des responsabilités, juste dans l’application des lois. Tous, devant lui, sont égaux, il ne doit préférer personne à une autre, ni favoriser un groupe au détriment d’un autre, car le Prophète r dit : « Le plus aimé des gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection et le plus proche de Lui est un dirigeant juste. Le plus détesté des gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection et qui recevra le plus grand châtiment est un dirigeant tyrannique »[158] .
2 – Ne pas commettre d’injustice à l’endroit des administrés, ni de tromperie, ni de trahison, car le Prophète dit : “ Allah interdit l’accès au Paradis à tout individu à qui Il a confié une communauté et qui meurt en trompant sa communauté.”[159].
3 – Les consulter dans les affaires qui touchent leurs intérêts politiques et socio-économiques, tant qu’il n’y a pas de textes religieux qui régissent le cas, et leur donner l’occasion d’exprimer librement leurs pensées, idées et points de vue. Ces idées sont acceptées si elles sont compatibles avec l’intérêt général. Allah I dit : ( C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon d’Allah. Et consulte-les à propos des affaires… )[160].
4 – Etablir la Charia comme source de son pouvoir et de la constitution. Il n’y a pas de place pour les constructions personnelles fondées sur les passions et dont le résultat reste aléatoire. Voyez l’exemple d’Oumar ibn Al Khattâb t, le deuxième calife, qui dit à Abou Maryam As-Salouly, le meurtrier de son frère Zayd ibn Al Khattâb après son investiture : « Je jure par Allah que je ne t’aimerai pas jusqu'à ce que la terre aime le trou qu’y creuse le rat” - Cela me privera-t-il d’un droit, s’enquit-il. Non, reprit Oumar t. Il n’y a pas de mal ! dit-il, car il n’y a que des femmes qui se chagrinent pour l’amour. »
5 – Ne pas ériger une barrière entre lui et les administrés, en refusant de les recevoir, en se montrant hautain à leur endroit, en mettant des intermédiaires entre lui et les administrés qui interdisent ou autorisent les entrevues à leur gré. Le Prophète r dit : « Quiconque assume une quelconque responsabilité des Musulmans, puis se retranche et ne fait pas cas de leur misère, de leurs besoins, de leur pauvreté, Allah ne fera pas aussi cas de sa misère, ni de ses besoins, ni de sa pauvreté, ni de son indigence le Jour de la Résurrection »[161].
6 – Faire preuve de compassion envers les administrés et ne pas leur imposer plus qu’ils ne peuvent supporter ou ponctionner une part trop importante de leurs revenus. Le Prophète r dit : “Ô Allah ! Quiconque est chargé d’une responsabilité de ma communauté puis leur rend la tâche difficile, rends-lui aussi la tâche difficile et celui qui est chargé d’une responsabilité de ma communauté et se montre indulgent envers eux, sois aussi indulgent envers lui.”[162]
L’Islam a recommandé de bien traiter le voisin, en donnant à ce mot ce sens le plus large, car Allah I dit : ( Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant. )[163].
Il a interdit de porter préjudice au voisin, que ce soit par la parole ou par l’acte. Abû Houreira t rapporte qu’il fut dit au Prophète r : « Unetelle jeûne le jour et passe la nuit en prière, mais cause du tort à ses voisins par sa langue. Le Prophète r dit alors : Il n’y a rien de bon en elle, elle sera en Enfer” Et on lui dit aussi : Unetelle accomplit ses prières obligatoires, jeûne le mois de Ramadan, donne en aumône du fromage frais et ne porte préjudice à personne par sa langue. Elle ira au Paradis, dit le Prophète r.[164].
L’Islam a attribué au voisin une place de choix et un droit immense comme le dit le Prophète r dans ce hadith : « [L'Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin si bien que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage”[165]
Il considère que faire du tort au voisin est incompatible avec la foi, car le Prophète r dit : « Par Allah il ne croit pas ! Par Allah il ne croit pas ! Par Allah il ne croit pas !». « - Et qui donc, Ô Messager d’Allah », lui demanda-t-on, ne croit pas ? » Il répondit : Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de la méchanceté et des maux »[166].
Le Messager d’Allah expliqua les droits du voisin à celui qui lui demanda : Quels sont les droits de mon voisin sur moi : « Rends-lui visite quand il est malade, quand il meurt, suis son cortège funèbre, s’il te demande un prêt, accorde-le lui, s’il n’a pas d’habit, habille-le. Félicite-le s’il lui arrive un bien, console-le s’il est victime d’un malheur, n’élève pas ton édifice de manière à l’empêcher de respirer l’air frais, ne l’indispose pas avec l’odeur appétissante de ta cuisson, à moins de lui en offrir une partie. »[167]
On doit supporter ses torts et être indulgent à son égard. Un homme dit à Ibn Abbas t : J’ai un voisin qui me porte préjudice, m’insulte et me rend la vie difficile. Il lui dit : Vas-y, s’il désobéit à Allah en te portant préjudice, toi obéis à Allah en lui faisant du bien.[168]
Le voisin jouit de ces droits même quand il n’est pas Musulman. Nous en avons pour preuve l’exemple d’Abdullah ibn Amr t : On égorgea une brebis chez lui. Quand il revint, il dit : « Avez-vous offert une part à notre voisin Juif ? En effet, j’ai entendu le Messager d’Allah r dire : « [L’Ange] Gabriel ne cessait de me recommander d’avoir des égards pour le voisin à tel point que je crus qu’il allait lui donner le droit à l’héritage»[169]
L’Islam a vivement recommandé de s’occuper des compagnons et a prescrit la bienveillance à leur égard car le Prophète r dit : « Le meilleur des Compagnons auprès d’Allah est le meilleur envers son Compagnon et le meilleur des voisins auprès d’Allah est le meilleur envers son voisin. »[170]
Dans l’Islam, l’hôte a le droit d’être honoré, car le Prophète r dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier soit bienfaisant envers son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier traite son hôte avec égards et lui fasse sa djâïza. Et qu’est-ce que cette djâïza, ô Envoyé d’Allah ? lui demanda-t-on. –C’est, répondit-il, un jour et une nuit et la durée de l’hospitalité est de trois jours. Tout ce qui est accordé au-delà est considéré comme une aumône. Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier ne dise que du bien ou qu’il se taise. »[171]
Dans l’Islam, honorer l’hôte fait partie des meilleures œuvres, car le Prophète r dit : « Il n’y a pas un homme meilleur que celui qui, montant sur son cheval, combat dans le sentier d’Allah et se met à l’abri des méfaits des hommes ; ou que celui qui vit dans le désert avec ses moutons, a des égards pour son hôte et lui donne son dû. »[172].
Il a aussi instauré une étiquette à observer avec l’hôte, notamment l’accueillir chaleureusement à son arrivée et prendre congé de lui convenablement. Le Messager d’Allah r dit : « Raccompagner son hôte jusqu’à la porte de la maison, fait partie de la Sunna »[173]
L’invité doit aussi tenir compte de la situation de son hôte en évitant de lui imposer ce qu’il ne peut pas supporter, car le Prophète r dit : « Il n’est pas permis au Musulman de séjourner chez son frère au point de le faire pécher –Ô Messager d’Allah, comment le faire pécher, dirent-ils ? – En séjournant chez lui alors qu’il n’a rien pour lui accorder l’hospitalité, répondit-il. »[174]
Allah a fait l’éloge de ceux qui dépensent dans Sa voie, ceux qui œuvrent pour résoudre les problèmes des gens, notamment des indigents et des nécessiteux. Il dit en effet : ( Et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité. )[175].
Bien plus, l’Islam considère les aumônes que l’homme distribue à ses frères pauvres, comme faisant partie des meilleures œuvres qui rapprochent d’Allah. Allah I dit : ( La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelque amour qu’on en ait aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs… )[176]
Il menace d’un châtiment douloureux, le Jour de la Résurrection, ceux qui thésaurisent leurs biens et n’y prélèvent pas les droits d’Allah. Allah I dit : ( A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux. ) [177].
C’est pourquoi la Zakât est l’un des piliers principaux de l’Islam et une obligation pour tout Musulman dont la fortune atteint le seuil imposable au terme de la période requise. Allah I dit : ( Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la Salât et d’acquitter la Zakât. Et voilà la religion de droiture. )[178].
Le taux de la Zakât correspond à 2,5 % du capital ; elle est prélevée chez les riches et redistribuée aux pauvres, aux indigents et aux nécessiteux conformément à l’ordre d’Allah Qui a Lui-même déterminé ses bénéficiaires en ces termes :
( Les Sadaqâts ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l’Islam), à l’affranchissement des jougs, à ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur (en détresse). C’est un décret d’Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage. )[179]
Quiconque conteste la légalité de la Zakât est un apostat et celui qui refuse ouvertement de s’en acquitter est combattu jusqu’à ce qu’il s’en acquitte, car refuser de payer la Zakât, c’est priver les ayants droit pauvres et indigents de leurs dû. A travers la prescription de la Zakat, l’Islam vise à éradiquer la pauvreté de la société et à combattre les méfaits qui en découlent comme le vol, le meurtre et les agressions. Elle vise aussi à promouvoir la solidarité entre les Musulmans. Elle élève l’âme du riche et la purifie de l’égoïsme, de l’avarice, et de la cupidité, tout comme elle purifie son cœur de l’amour de la vie présente et de ses plaisirs effrénés ; autrement, il oublierait ses frères pauvres et indigents. Allah I dit : ( Et quiconque a été protégé contre sa propre avidité…ceux-là sont ceux qui réussissent. )[180].
Elle purifie également les cœurs des pauvres et des indigents de la haine, de la rancœur et de la jalousie à l’égard des riches puisqu’ils les voient s’acquitter de l’obligation qu’Allah leur a prescrite et dépenser une partie de leur fortune à leur profit, s’occuper d’eux et leur faire du bien.
Allah met en garde quiconque refuse de s’acquitter de cette obligation en ces termes : ( Que ceux qui gardent avec avarice ce qu’Allah leur donne par Sa grâce, ne comptent point cela comme bon pour eux. Au contraire, c’est mauvais pour eux : au Jour de la Résurrection, on leur attachera autour du cou ce qu’ils ont gardé par avarice. )[181].
[1] Sourate 17 – Al-Isra, verset 70.
[2] Sourate 6 Al-An’am, verset 165.
[3] Abû Dâwud (3/210) Hadith N° 3199.
[4] Ibn Maja (1/516), hadith 1617.
[5] Mouslim (2/516), Hadith 971.
[6] Abû Dâwud (4/275), Hadith 4900.
[7] Abû Dâwud (4/336) Hadith 5142.
[8] Al Bidayatou wan Nihayah de Ibn Katsir, 8/64.
[9] Sourate 4, verset 75.
[10] Al Moustadrak alâ As-Sahihaine 2/678, hadith no : 4242.
[11] Al Baihaki (9/205), Hadith N° 18511.
[12] Sourate 6, verset 116.
[13] Al Boukhari – Fathoul Bary (10/568), Hadith N° 6043.
[14] Sourate 4, verset 29.
[15] Sourate 24, verset 4.
[16] Sourate 6, verset 151.
[17] Mouslim (3/1588), Hadith N° 2003.
[18] Al Boukhari (3/1588), Hadith N° 6661.
[19] At-Tabarani dans Targui Wa Tarhib
[20] Sourate 5, verset 33.
[21] Ibn Khouzaima (3/143), Hadith N° 1785.
[22] Al Boukhari (2/505), Hadith N° 1331.
[23] Abû Dâwud (2/130), Hadith N° 1682.
[24] Al-Moustadrak (4/352), Hadith N° 7889.
[25] Mousnad Al Imam Ahmad (2/33), Hadith, N° 4880.
[26] Sourate 58, verset 11.
[27] Ibn Maja’a (1/81), Hadith N° 224.
[28] Mouslim (4/2074), Hadith N° 2699.
[29] Ibn Hibane (1/298), Hadith N° 96.
[30] Sourate 5, verset 90
[31] Sourate 5, verset 3.
[32] Sourate 17, verset 32.
[33] Al Boukhari (5/2163) Hadith N°5396.
[34] Al Boukhari (5/2177), Hadith N° 5437.
[35] At-Tirmidzi (4/573), Hadith N° 2346.
[36] Sourate 4, verset 1.
[37] Mousnad Al Imam Ahmad (5/411), Hadith N° 23537.
[38] At-Tirmidzi (5/389), Hadith N°3270.
[39] Sourate 5, verset 18.
[40] Mousnad Ishaq (1/427), Hadith N° 493.
[41] Sourate 41, verset 46.
[42] Sourate 49, verset 13.
[43] C’est une femme de la noblesse mecquoise.
[44] Al Boukhari (3/1282), Hadith N° 3288.
[45] Al-Hakamoul Soultania, Abou Ya’la P. 222.
[46] Sourate 67, verset 15.
[47] Sourate 6, verset 132.
[48] Al Boukhari (3/1300), Hadith N° 3342.
[49] Sourate 2, verset 256.
[50] Sourate 28, verset 77.
[51] Mouslim, Hadith N° 1731.
[52] Sourate 76, versets 8 et 9.
[53] Sourate 47, verset 4.
[54] Sourate 22, verset 41.
[55] La Chronique de Al-Balazary.
[56] Al-Kharadj De Abou Youssouf, P. 144
[57] An-Nassa’i (7/82), Hadith N° 3986.
[58] An-Nassa’i (7/82). Hadith N° 3986.
[59] Sourate 2, verset 179.
[60] Sourate 4, verset 93.
[61] Sourate 4, verset 29.
[62] Sourate 7, verset 32.
[63] Sourate 61, verset 1.
[64] Sourate 7, verset 31.
[65] Sourate 2, verset 286.
[66] Al Boukhari (5/1949), Hadith 4746.
[67] Sourate 5, versets 90 – 91.
[68] Ibn Maja (2/1121), Hadith 3380.
[69] Sourate 17, verset 32.
[70] Al-Moustadrak (4/349), Hadith 7875.
[71] Al Boukhari (5/2005), Hadith 4935.
[72] Ibn Hibbane (10/269), Hadith N° 4422.
[73] Sourate 24, verset 2.
[74] Sourate 24, verset 4.
[75] Sourate 49, versets 11 - 12
[76] Sourate 5, verset 38.
[77] Ad-Darouquoutni (3/84).
[78] Sourate 2, verset 188.
[79] Mousnad Al-Imam Ahmad (1/416), Hadith 3946.
[80] Al Boukhari (2/877), Hadith N° 2348.
[81] NDT : La plupart d’exégètes du Qur’an expliquent mot arabe [nasl] traduit ici par progéniture comme étant le bétail.
[82] Sourate 2, verset 205.
[83] Al Boukhari (3/1173), Hadith n° 3036.
[84] Ibn Hibbane (9/25338), Hadith n° 4028.
[85] Al-Moustadrak (4/178), Hadith N° 7284.
[86] Ibn Hibbane (9/418), Hadith 4108.
[87] Sourate 33, versets 4 et 5.
[88] Al Boukhari (2/852), Hadith 2289.
[89] Mouslim (1/82), Hadith 67.
[90] Ibn Maja (2/870), Hadith N° 2609.
[91] Al-Moustadrak (3/287), Hadith N° 5117.
[92] At-Tirmidzi (4/656), Hadith N° 2493.
[93] Sourate 93, verset 10.
[94] Al-Moustadrak (4/197), Hadith N° 7353.
[95] At-Tirmidzi (4/372), Hadith 2022.
[96] Al Boukhari (1418), Hadith N° 1183.
[97] Sourate 93, verset 9.
[98] Sourate 4, verset 10.
[99] Sourate 6, verset 151.
[100] Sourate 2, verset 60.
[101] Sourate 4, verset 1.
[102] Sourate 22, verset 41.
[103] Mouslim (4/1986), Hadith N° 2564.
[104] Sourate 7, verst 54.
[105] Sourate 7, verset 180.
[106] Sourate 42, verset 11.
[107] Sourate 21, verset 25.
[108] Sourate 40, verset 60.
[109] Sourate 29, verset 45.
[110] Sourate 92, versets : 18 – 21.
[111] Sourate 2, verset 183.
[112] Sourate 22, verset 28.
[113] Sourate 2, verset 185.
[114] Mouslim (4/1830), Hadith N° 1337.
[115] Sourate 3, verset 97.
[116] Sourate 2, verset 173.
[117] Sourte 4, verset 80.
[118] Sourate 53, versets 3 et 4.
[119] Sourate 59, verset 7.
[120] Mouslim (3/1343), Hadith N° 1718.
[121] Sourate 4, versets 150 et 151.
[122] Sourate 34, verset 28.
[123] Sourate 2, verset 256.
[124] Sourate 17, versets 23 et 24.
[125] Ibn Hibbane ( 2/172), Hadith N° 429.
[126] Mouslim (2/696), Hadith N° 1003.
[127] Mouslim (4/1974), Hadith 2548.
[128] Sourate 46, verset 15.
[129] Sourate 4, verset 34.
[130] Al-Moustadrak (4/167), Hadith N° 7244.
[131] Al Boukhari (5/1993), Hadith N° 4897.
[132] At-Tirmidzi (3/465), Hadith, N° 1159.
[133] At-Tayâlisy 1/594, hadith n° 2325.
[134] Ibn Maja (1/594), Hadith N° 1651.
[135] Sourate 4, verset 4.
[136] Abû Dâwud (2/242), Hadith N°2133.
[137] Sourate 65, verset 7.
[138] Al Boukhari (3/1431), Hadith N° 3721.
[139] Al Boukhari (2052), Hadith 5049.
[140] Al Boukhari (5/2347) Hadith N° 6024.
[141] Mouslim (2/1060), Hadith N° 1437.
[142] Ibn Hibbane (9/483), Hadith N° 4176.
[143] Mouslim (2/1091), Hadith 1469.
[144] Sourate 66, verset 6.
[145] Ibn Hibbane (10/51), Hadith N° 4240.
[146] Ibn Hibbane (13/135), Hadith N° 5818
[147] Ibn Maja (2/1211), Hadith N° 3671.
[148] Al Boukhari (2/902), Hadith 2419.
[149] Mouslim (4/2304), Hadith N° 3009.
[150] Mouslim (3/1242), Hadith (1623).
[151] Sourate, verset 1.
[152] Al Boukhari (5/2233), Hadith N° 5645.
[153] Al Boukhari (6/2725), Hadith N° 7063.
[154] Sourate 4, verset 59.
[155] Sourate 20, verset 44.
[156] Mouslim (1/74), Hadith 55.
[157] Mouslim (3/1480), Hadith N° 1852.
[158] At-Tirmidzi (3/617), Hadith N° 1329
[159] Mouslim (1/125), Hadith N° 142.
[160] Sourate 3, verset 159.
[161] Al Moustadrak 4/105 hadith n° 7027.
[162] Mouslim (3/1458), Hadith N° 1828.
[163] Sourate 4, verset 36.
[164] Al-Moustadrak (4/184), Hadith N° 7305.
[165] Al Boukhari (5/2239), Hadith N° 5668.
[166] Al Boukhari (5/2240), Hadith N° 5670.
[167] Al-Mou’jamoul Kabir (19/419), Hadith N° 1014.
[168] Ihyaou Ouloumou Dine (2/212).
[169] Voir note 158 précédent.
[170] Ibn Khouzaïma (4/140), Hadith N° 2539.
[171] Al Boukhari (5/2240), Hadith N° 5673.
[172] Al-Moustadrak (2/76), Hadith N° 2378.
[173] Ibn Maja (2/1114), Hadith N° 3358.
[174] Mouslim (3/1353), Hadith N° 48.
[175] Sourate 51, verset 19.
[176] Sourate 2, verset 177.
[177] Sourate 9, verset 34.
[178] Sourate 98, verset 5.
[179] Sourate 9, verset 60.
[180] Sourate 64, verset 16.
[181] Sourate 2, verset 180
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